Archive pour août 2011

Ces gens-là

Jeudi 25 août 2011

Je lis avec gourmandise les petites histoires qui agitent le sérail littéraire parisien et, en particulier, bondis de joie lorsqu’ une affaire de plagiat éclate au grand jour.

Il y a quelques mois, c’ est PPDA qui a été épinglé lors de la parution d’ une biographie de Hemingway. Aujourd’ hui, c’ est  Macé-Scaron (directeur adjoint de Marianne et directeur du Magazine littéraire) qui est, selon l’ expression consacrée mais météorologiquement inadaptée - dans  l’ oeil du cyclone avec son Ticket d’ entrée.

Brel aurait dit : Parce que chez ces gens-là, Monsieur, on ne conte pas, on triche !

Et la ligne de défense de ces « amoureux de la littérature » est … brelienne car on y retrouve ce que la « ouiquipédiatre » appelle « vérité progressive ».

Le malheureux narrateur de  Ces gens-là ne peut épouser Frida car, selon la famille de sa bien-aimée, « il est tout juste bon à égorger les chats ». La parole est à la défense :  

« J’ai jamais tué de chats
… Ou alors y a longtemps
… Ou bien j’ai oublié
… Ou ils sentaient pas bon »  

Joseph Macé-Scaron a compris la leçon :

ce n’ est pas du plagiat
… ou c’ est une connerie
… ou c’ est un emprunt -comprendre un hommage-
… ou c’ est de l’ intertextualité
… ou c’ est de l’ innutrition

 

 

 

 

Boire ou …

Samedi 13 août 2011

Quand on a à sa table ce qui pourrait être un casting relevé de concours de T-shirts mouillés,

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on a un petit goût amer dans la bouche lorsque quelques Chippendales préretraités gonflent le torse « à qui la plus belle paire de … pecs »,

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exhibent leur boxer coloré et sortent leur bout-cané

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ou lorsque, le vin aidant, on a en live un remake gai pour adultes de Cendrillon.

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Et pendant que certains palabrent ou s’ excitent, loin de l’ effervescence vineuse, l’ oncle Guy observe,

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branchouille

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et « à la fin de l’ envoi touche ».

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Boire ou fumer, il faut choisir. 

Eldorado

Lundi 8 août 2011

On s’ abandonne au « flot » dense de la circulation du vendredi soir, par endroits encombré par le chassé-croisé des juilletistes et aoûtiens. Et on découvre un pays où hommes et femmes sont d’ une beauté singulière. 

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Les parfums sont « doux comme les hautbois, verts comme les prairies » et « les chemins sont ornés de voitures d’ une forme et matière brillantes ». 

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Vous avez sans doute percé le mystère : ce pays s’ appelle Eldorado.

Ici, la bastide en belles pierres et aux somptuseuses voûtes d’ arêtes 

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est entourée d’ un jardin merveilleux où les vignes accouchent d’ un vin délicieux.

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L’ utile est synonyme d’ agréable,

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les femmes sont joueuses et bonnes pâtissières,

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la jeunesse est dorée

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l’ air se gonfle de rires d’ enfants

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et les MNS issues des écoles de Malibu veillent au grain.

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Des panneaux photographiques tout droit sortis de fêtes foraines, percés de trous pour les têtes, permettent même à Sergio de se glisser quelques secondes dans la peau d’ un grand chef. 

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Pour compléter ce tableau idyllique, lorsque d’ honnêtes citoyens connaissent les affres de l’ alcool et se font trop lourds ou troubleurs d’ ordre public, on les isole gentiment ; Les cellules de dégrisement sont sans paroi.

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Point de prison ici, encore une preuve de l’ excellence du gouvernement.

 

 

yan, sors de ce corps

Mercredi 3 août 2011

Quand on est à Londres, on a l’ irrésistible envie de faire tourner ses 3 mots de vocabulaire sur les 2 règles grammaticales qu’ on a gardées en tête. Aussi, toute situation se prête à la conversation et on s’ émerveille à chaque fois qu’ on est compris ou qu’ on croit comprendre son interlocuteur.

Illustration. Je demande à la réceptionniste de l’ hôtel où nous pourrions manger. Elle m’ indique un italien, un indien situés à proximité et, devant ma moue peu emballée, termine par un resto anglais « Kiss Me Hardy ».

« It ‘s a message you ‘re sending me ». Oh, putain, Yan, sors de ce corps.

Ne la voyant pas réagir à ma remarque à 2 pounds, je lui précise que c’ est une blague et, malgré son sourire, elle m’ explique qu’ elle n’ a pas l’ intention de m’ embrasser.

ça aurait pu s’ arrêter là. C’ était oublier l’ oncle Serge, friand de ce genre de situation.

« Why not ? » interroge-t-il enfonçant un peu plus le couteau dans la plaie.

Contrainte et forcée, la jeune femme sort l’ artillerie lourde. Elle dégaine son annulaire (j’ ai senti qu’ elle a hésité un instant à sortir le majeur) et exhibe son alliance.

- « I’m married »

- « so am I », je lui réponds en menteur éhonté, en levant mon annulaire gauche au ciel.

Et là, trop tard, je pense à Yan qui serait sorti en grand seigneur de cette situation embarrassante. Il aurait juste dit : « never mind, I’ m not jealous ». Yan, rentre dans ce corps !      

SMOG=SMOKE+FOG

Mardi 2 août 2011

Le célèbre smog londonien n’ est plus ce qu’ il était. Il est aujourd’ hui sournois, impalpable ou fulgurant.

Car Londres se « fume » de façon passsive et, si la ville semble être pure comme ce lever du jour sur colliers wood,

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seule la noirceur des sécrétions nasales matinales trahit le SMOKE.

 

Quant au FOG, il est invisible du sommet de London Eye 

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du double decker

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ou de la colline de Greenwich Park.

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L’ amiral Nelson, tourné vers l’ ouest en haut de sa colonne sur Trafalgar Square, ne me contredira pas puisqu’ il distingue avec précision chaque navire de sa flotte basée à Plymouth.

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Pourtant, j’ ai ressenti violemment le brouillard londonien à l’ arrivée, lorsque la charmante hôtesse du bureau de change de Luton airport a planté ses yeux dans mes yeux et m’ a gentiment invité à - je cite- « enter your pin please ». « J’ ve forgotten my pin, sorry, just a minute please », bredouille-je, penaud et désarmé par mon…impuissance. Lorsque son manager s’ éloigne, elle me glisse à l’ oreille qu’ il serait préférable pour mes ma bourse de faire un retrait au distributeur. Encore troublé, j’ insère ma mastercard dans la fente d’ en face et répète deux fois un code erroné. Le trajet Luton-Victoria station en bus me remet sur les rails et, malgré une confiance retrouvée, je compose une nouvelle fois un mauvais code. Ironie de la situation, ma mémoire se résume à une figure sur clavier en forme de croix (2879 ou 8279 ???). Oh my god, ma seule ressource est avalée par la machine de la Bank of Scotland.

Je ne suis pas la seule victime du brouillard de Londres, parfois j’ en récolte même les fruits. Sur le trajet Stockwell-Colliers wood de la northern line, le wagon est bondé. Il fait chaud et les odeurs corporelles de fin de journée flottent paisiblement. Tom et Clem jouent avec Mamie. Avec le minimum de mots, ils lui font deviner des expressions. Ils s’ impatientent lorsque mamie, le cerveau un brin…embrouillé, sèche alors que leurs définitions sont rondement bien menées.

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Soudain, le femme qui est face à moi replie son journal dans un mouvement désorganisé et blêmit. « Are you all right » lui lance-je, fier de ma prononciation et de l’ intonation choisie. Et la belle plante s’ étiole dans mes bras.

A moins qu’ elle n’ y plonge,

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frappée par l’ Eros de piccadilly circus.

Brouillard ou coup de foudre, en tout cas, c’ est fulgurant !

Enfin, le Fog bouleverse aussi les repères géographiques puisqu’ à quelques encablures de Greenwich et de son méridien, le découpage occident-orient se brouille à Hyde Park (et sur la Tamise),

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tout comme d’ ailleurs la frontière nord-sud 

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On peut être simultanément à Londres et à son antipode.

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