• Accueil
  • > Archives pour juillet 2011

Archive pour juillet 2011

Pourquoi Musso m’ énerve

Mardi 5 juillet 2011

J’ ai lu que serais-je sans toi de Musso et, s’ il existe comme l’ affirment certains un style Musso, je ne lirai peut-être plus Musso.

Ce qu’ il raconte n’ est pas du tout ennuyeux, j’ ai même parfois été happé par l’ histoire. Trop heureux de critiquer l’ auteur avec un « ah, ça tient pas la route ! », j’ ai vu en quelques pages les morceaux de l’ intrigue s’ emboîter, et, par exemple, la rencontre cornellienne entre le flic amoureux Martin et le père Archibald (voleur de haut vol), d’ abord invraisemblable, « convainc ». Idem pour cette relation asymétrique ou non-relation père-fille, qui se résume jusqu’ aux 34 ans de Gabrielle à une apparition travestie d’ Archibald le jour de son anniversaire. Alors, pourquoi Musso m’ énerve-t-il ?

Parce que Musso est un « faiseur » de best seller. Il n’ écrit pas avec ses tripes, il écrit pour vendre. Je suis persuadé qu’ il pourrait « élever » sa prose et donner à ses personnages plus d’ épaisseur. Mais il préfère cultiver sur un terrain moins littéraire, plus lucratif.

Alors Musso tombe souvent dans la facilité. Indigestes ces descriptions de lieux qui prennent la forme d’ une banale liste sur le mode énumération, et rasoirs certains clichés. Sa vision du coma par exemple (avec cartes d’ embarquement non nominatives estampillées  »vie » ou « mort ») est un peu fade et, dans son univers entre vie et mort, j’ ai failli entendre « What else ? ». Enfin, l’ auteur semble avoir mis en place une « grille », un « gabarit » d’ écriture, qu’ il respecte scrupuleusement à chaque page. Chaque personnage se lève, roule en voiture et s’ endort, avec un morceau de musique parfaitement adapté à ses émotions de l’ instant.

J’ imagine Musso, avant d’ embrasser sa carrière d’ écrivain, posé à sa table de travail entrain de définir méthodiquement ses lecteurs potentiels. Il faut ratisser large, alors il faut une belle histoire d’ amour, il faut un cadre-carte-postale qui fasse rêver, et il faut de l’ action. Voilà Musso tirant avec brio les ficelles de son succès, à la conquête des âmes fleurs bleues, des voyageurs trop fiers de reconnaître les incontournables sites de leur dernière expédition, et des réalisateurs en mal d’ inspiration prêts à surfer sur un succès en librairie.

Embrasser les Arlequins et les guides de voyages, viser les droits cinématographiques. Recette Musso suivie par un gars qui a du talent.

DSK, le retour

Dimanche 3 juillet 2011

A propos du conflit en Lybie, il y a un joli billet de J. Salingue paru il y a maintenant 3 mois, qui analyse le vocabulaire et euphémismes employés par les médias français et qui ne laisse aucun doute sur leur parti pris. Grossièrement, il y a les forces du dictateur qui déclarent la guerre et pilonnent (ou bombardent) les insurgés et, de l’ autre côté, les alliés qui ripostent à base de frappes ciblées (pour ne pas dire chirurgicales). D’ un côté le sanguinaire Kadhafi et de l’ autre les occidentaux soucieux de limiter les dommages collatéraux

A propos de l’ affaire DSK, où s’ opposent aussi deux camps, les partis pris se dissimulent encore une fois derrière le vocabulaire. Après le coup de tonnerre de cette semaine qui a foudroyé la crédibilité de N. Diallo, qui parle encore de « victime présumée » et de « violeur présumé », le qualificatif « présumé » laissant paradoxalement peu de place à la « présomption d’ innocence » ?

L’ opinion anti-Strauss Kahn (à laquelle j’ appartenais) a inéluctablement viré sa cuti et, comme le dit Jules, on est passé ces derniers jours à un lexique plus juridique, plus neutre, avec plaignante, accusatrice et accusé. Je n’ ai même pas vu le terme « suspect » qui, bien qu’ adapté à la situation, semble désormais connoté trop négativement.

DSK peut savourer l’ instant. Car, l’ impardonnable Icare,

  olympe.jpg

que la bite (en cire ? au cirage ?) a conduit aux enfers,

 enfer1.jpg

pourrait finalement connaître ce « lieu des Enfers où les héros et les gens vertueux goûtent le repos après leur mort », ce lieu qu’ on appelle dans la mythologie grecque … l’Elysée. 

  

Anne, ma soeur…je vois deux cavaliers…

Samedi 2 juillet 2011

Il est 18h30. Le soleil brille en biais, de tous ses feux. Tom et Clem courent sur l’ herbe sèche du parc en direction de la petite île. Chaque pas fait lever une fine poussière et leur casque bleu de vélo sur la tête scintille comme une pierre précieuse. A l’ ombre des platanes, je contemple la scène genre « la petite maison dans la prairie ». Instant anodin, insignifiant et pourtant tellement revigorant.