Archive pour juin 2011

A domicile

Jeudi 23 juin 2011

Entre Mamie Ro qui vante les vertus du thym et Tatie Suzette qui fait l’ éloge du citron, Clément déclare à la cantonade :

« ben, maintenant, c’ est bon, on n’ a plus besoin d’ aller voir le médecin. » 

Clem, on est sauvés !

Plus que toi

Mercredi 15 juin 2011

Après une aprem-baignade dans le petit bassin du jardin, sous un soleil de plomb et sous l’ oeil attentif de notre Pamela-maison,  Samy, Clem et Tom enfourchent leur vélo pour rejoindre le champ de bosses du village.

Les garçons pédalent à vive allure, chacun fait son parcours dans les sentiers étroits en espérant que les poursuivants posent le pied par terre. Ils ont mis en place un système complexe de pénalités et comptent les points . 

Soudain, gronde le tonnerre dans un ciel de plus en plus noir. Il gronde de plus en plus fort, de plus en plus près. La dernière détonation est assez impressionnante pour que je somme les garçons de regagner nos pénates. Je tends l’ oreille, appréhendant le bourdonnement qui, paraît-il, précède la foudre.

Et au premier coup de pédale vers le retour, tombe sur nos têtes une pluie si lourde que chaque goutte marque la peau. Bombardés, nous accélérons notre pédalage, chacun manifestant à sa façon un mélange confus de peur et d’ excitation.

Clem hurle un monocorde « AAAAHH », Samy  rit bruyamment et Tom, gourou potentiel d’ une secte « catatrosphiste », vocifère que c’ est l’ apocalypse à la vue des torrents qui se forment contre les trottoirs. 

-Clem, pourquoi cries-tu ?

- AAAHH, je suis trempé.

- Mais, tu n’ es pas le seul à être trempé.

- Oui, mais moi, je suis plus trempé que toi.

Clem, souvent de mauvaise foi, est cette fois sincère et a probablement raison. Sa peau fine et ses membres secs ne résistent pas à la force de frappe de l’ averse. Je comprends alors en situation  l’ expression « trempé jusqu’ aux os ».

Vendre la peau de l’ ours …

Vendredi 10 juin 2011

Clem et moi sommes suspendus à une barre pour tractions. Qui posera les pieds au sol le premier ?

Je l’ ai laissé remporter les deux premières manches et, pour raviver la compétition, je décide de gagner celle-là.

Clem est redoutable à ce jeu. Je commence à avoir mal aux mains et aux bras, je me force à respirer régulièrement. Je tourne la tête légèrement vers lui et vois Clem se tordre, et grimacer de douleur.

C’est gagné ! J’ étouffe alors un petit éclat de rire et l’ imperceptible secousse m’ est fatale :  la barre se dérobe sous mes mains.  

Vive les mariés !

Mardi 7 juin 2011

De caser Stéphane, nous désespérâmes

et à être solitaire se destina son âme

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le jour, où revenant d’ une escapade,

il confia sous forme de jérémiades :

« celle-là a une jolie bouche vermeille

mais une voix trop rauque au réveil.

La dernière avait quelques attraits charmants

mais faisait trop de bruit en mangeant. »

 

Avec un immense respect pour les jolies fées

lui évitant d’ être comme TRON-s(ç)onné  ou STRAUSS, canné,

Stef nous dévoilait sans ambage

son sentiment sur ses troussages.

Il ne s’ accomodait pas d’ infâmes compromis

et son cahier des charges était plus fourni

que les oeuvres de Hugo et Zola réunies.

Il fallait que courbes et esprit s’ alliassent

car la perfection au féminin valait sa vie d’ as.

Alors, rhédibitoire, vous l’ auriez compris,

si une douce s’ enhardissait à péter au lit,

elle était illico exclue manu militari.   

 

Et puis, lors d’ un concours de l’ Intérieur,

une jolie brune sut lui chavirer le coeur.

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Oh, il l’ avait bien repérée à la cantine

tout comme ces cowboys plein de frime

qui lui tournaient autour

affamés comme de vils vautours.

 

Présenté à la belle par Joséphine,

il sentit qu’ elle lui fit bonne mine

et puisqu’ elle avait de la conversation,

il mit sa faconde en action

distançant le peloton en uniforme

qui capitulait face au séducteur hors norme.

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Les jours passèrent, les sms doublèrent

et naturellement, à l’ orée du lit  

la mie qui se nommait Aurélie

lui annonça qu’ elle avait 2 lumières

2 phares dans sa vie, Rafaël et Maxence

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que Stéphane accueillit avec magnificence.

 

Il constatait que, comme par enchantement,

la belle effaçait sa scoumoune d’ antan.

Adieu les agressions diverses et variées,

aux oubliettes ce coup de feu essuyé

pour ne pas avoir cédé son scooter tuné.

Libéré à jamais de sa malchance,

le cabochard célébra sa délivrance

et mit un point d’ honneur

a soigné les symboles en vigueur :

le jour de ses 33 ans

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un 11 septembre -ce n’ est point un boniment,

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il arpenta Time Square et Ground Zero

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même pas peur de Oussama et ses réseaux.

 

Quand ils fixèrent le « yes, we will » sur l’ almanach,

ils décidèrent, « O BA mot », de casser la barraque

à St bruno des Chartreux, église baroque,

avant de servir à Charlot quelques barriques ad hoc.

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Périlleuse aventure lorsque des couvents

leur science se limitait à l’ Abbé-Des-Champs.

Contraints à prouver la pureté de leur flamme,

ils s’ embarquèrent non sans rame

pour réunions et échanges interminables

où parrains et marraines leur contèrent des fables.

Et pour conclure ultime embûche

qui fit exploser leur foi en ballon de baudruche,

on les convoqua pour une retraite au monastère,

ce que Stéphane évita en malade imaginaire.

 

Tout compte fait, leur croix portée,

ils vécurent un mariage princier

à faire pâlir tout le royaume d’ Angleterre

car plus glamour que celui de Westminster. 

 

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Charlot

Lundi 6 juin 2011

Nous partons pour Lyon, invités au mariage de Stef et Aurélie. Sof et moi sommes témoins, ou T+ comme dirait Jo.

Avant de parcourir les 300 km qui nous séparent des futurs mariés, l’ oncle Guy et moi vérifions les niveaux des deux voitures. Cette tâche a été retirée à Charlot il y a maintenant 3 ans, le jour où, avant un périple vers Fréjus, il a mis de l’ huile dans le réservoir de liquide pour la direction assistée.

Charlot qui conduit la C3 fait le plein. Je l’ accompagne en tant que coach. Ce qui suit n’ est que la vérité, mais à la décharge de sa maladresse, le plein est effectué par les pompistes à la Réunion. Cela explique-t-il complètement que Charlot soit aussi empoté ?
A la pompe, il choisit gasoil et tente en vain de valider son choix de carburant en tapant de plus en plus fort sur l’ écran. Je lui explique que Steeve Jobs ne s’ est pas encore attaqué au marché des stations services. Il saisit avec application, au clavier, son code. La première erreur est sûrement due à l’ émotion devant une machine « intelligente » qui parle, la seconde erreur s’ explique un peu moins et, surtout, lui laisse entrevoir une machine « intelligente » qui avale. Je lui recommande de bien rassembler ses idées et, là, Charlot se rend compte qu’ il a tapé deux fois le code de son ancienne carte.

Lorsqu’ il saisit enfin le pistolet, je crie un peu trop tôt victoire. Il appuie sur la gachette avant d’ ouvrir son réservoir et se met une giclée de carburant sur les orteils. Quand les chiffres ont fini de défiler à l’ écran, Charlot referme son réservoir non sans peine, puisqu’ il n’ a pu résister à la tentation de « déboîter » le bouchon.