Archive pour mai 2011

Quand l’ hypocrisie du système judiciaire US sert BHL, silence radio…

Samedi 21 mai 2011

BHL défend Strauss Kahn.

Le 16 mai, il critique avec véhémence le système judiciaire américain, et en particulier la dégradante  »perp walk » (marche du détenu menotté). A l’ objection égalité des prevenus devant la loi, BHL répond que c’ est hypocrite et que n’ importe quel quidam n’ attire pas les flashs des journaux du monde entier. Hypocrisie du système qui dessert les personnalités du rang de DSK.

Le 18 mai, BHL met en ligne sur son site une « peinture » de Rikers Island, extrait de American Vertigo . A lire, c’ est bien écrit.

On peut maintenant se demander pourquoi BHL ne dénonce plus l’ hypocrisie qui consiste à placer DSK dans une cellule individuelle, à l’ écart des autres détenus, seul dans un quartier réservé aux prévenus présentant une maladie infectueuse. Et le « Rikers cut », entaille à l’ oreille du bizut en signe de bienvenue, a-t-il eu droit au « Rikers cut » ? 

Il ya peu, les voyeurs ont espéré sans succès une photo de Ben Laden assassiné (au point de se jeter comme des morts de faim sur le montage

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ils sont aujourd’ hui servis avec une photo de DSK en piteux état

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Une inconnue au problème

Vendredi 20 mai 2011

Dernier billet a priori sur l’ inculpation de DSK.

L’ affaire divise la France (jusqu’ aux cellules familiales) en deux camps, les « Straussards » contre  les  »antistraussards ».

Je l’ avoue, je n’ ai pas été constant, d’ abord incrédule, je « condamne » de plus en plus. Et le changement de ligne de défense (rumeur du NY Post ??) adopté par DSK, qui consiste à glisser de la négation en bloc à … une relation sexuelle en adultes consentants, ne fait qu’ affermir mes intuitions, voire mes convictions.

Pour ceux qui sont « ni tu-ni vous », un détail va peut-être les aider à choisir leur camps : le physique de la femme de ménage ; c’ est inélégant mais, si c’ est une bombe (an)atomique, la théorie du piège sera renforcée.

Troussage

Jeudi 19 mai 2011

Le jeu est jubilatoire, s’ étendre sur l’ affaire DSK et se perdre en conjectures ou scénarii, laisser s’ exprimer intuition et imagination. C ‘est bien fait ici chez princesse Soso (lien suggéré par Cyril).

A la maison, Sof (comme princesse Soso) croit davantage au complot que moi, Sof tire à boulets rouges sur Tristane Banon et pas moi, et, paradoxalement, Sof est moins féministe que moi.

Si les images d’ un DSK défait, sonné, « KO debout » inspirent la pitié, je suis navré de voir que celle qui accuse, celle qui a résisté peut-être aux assauts du présumé innocent, celle qui a peut-être dû serrer des dents pour ne pas se voir enfoncer une bite dans la bouche, celle qu’ on appelle depuis peu Nafissatou Diallo, est complètement désincarnée au point de ne pas attirer une once de compassion. La honte et la compassion doivent changer de camps, pour reprendre un slogan féministe.

Les sceptiques prétendent que DSK, président potentiel de la RF en 2012, encore sous les feux des projecteurs et de la porsche panamera, ne peut être inconscient, débile, fou, au point de commettre le centième du crime qui lui est reproché.

Si sa culpabilité était prouvée un jour de façon incontestable, on pourrait mettre de côté les raisons médicales et penser plutôt que DSK, tout puissant sexuellement et socialement, n’ avait pas conscience d’ enfeindre la loi en brutalisant un être qui cumule deux tares d’ infériorité, une femme…de ménage.

C’ est insensé ? Ben non ! Cette théorie est à relier à un billet du grand Barnum, un démontage sans bavure de l’ intervention de J-F Kahn lundi matin sur France culture. Ecoutez ce que dit le « gros blanc » Kahn qui connaît bien son ami Strauss ; En substance, ce ne peut être un viol « violent », ce n’ est tout au plus qu’ un « travers », un simple troussage de domestique. C’ est à vomir, c’ est ici.

Pas pour moi !

Mardi 17 mai 2011

Tom sort de la salle de bains, j’ y rentre et, machinalement, étends la serviette sur le radiateur et mets au bac à linge sale, sleep et chaussettes qui jonchent le sol.

- Tom, sacré boulot d’ avoir des enfants, n’ est-ce pas ? il faut sans cesse passer derrière eux.

- T’ as raison, c’ est pour ça que je n’ en veux pas !

DSK

Mardi 17 mai 2011

Je ne suis pas fan des forums des sites d’ information parce qu’ on y lit plein de conneries, parce que, sous couvert d’ anonymat, on y déverse souvent son fiel, mais ce soir, j’ ai participé à celui d’ arrêt sur image. Un commentaire (en bleu) sur un billet de Daniel Schneidermann (en rouge).

 

Daniel Schneidermann (17 mai 2011) :

 

Ca fait drôle, pour une fois, de se faire quasi-réveiller par une soufflante personnalisée de BHL en personne. J’ai failli en laisser tomber ma cafetière de matinaute. Au micro de Pascale Clark, sur France Inter, BHL s’en prenait à « ces petits mecs », qui, sur France 3 hier soir, se répandaient en « blablas » et en « papotages » à propos de DSK. « S’ils savaient des choses, il fallait parler avant » fulminait BHL. « Mais de qui parlez-vous? » lui demandait Clark, qui s’était manifestement couchée tôt. Je peux répondre. Accusé matinaute levez-vous, il parlait de moi. Invité à la dernière minute hier soir par Taddeï, j’y suis allé. Sans aucune envie, pressentant d’avance la foire d’empoigne, l’impossible débat « je te piège, tu me pièges », mais bon, j’y suis allé, l’émission de Taddeï étant tout de même ce qui se fait de mieux à la télé (raison pour laquelle, sans doute, elle s’arrête à la fin de la saison).Résultat ? Vous pouvez aller le voir ici. Comme d’habitude, j’ai dû commettre mon lot de gaffes et de maladresses, mais enfin, j’aurai peut-être fait passer le message suivant: bien entendu, la presse aurait dû dire, bien plus tôt, que le « comportement personnel » de DSK rendrait extrêmement problématique sa survie en milieu américain, et accessoirement la conduite d’une campagne présidentielle en France. Je me suis heurté sur le plateau à un mur nommé Nicolas Domenach, sous-directeur de Marianne, qui a passé l’émission à répéter qu’il ne fallait pas tout mélanger (tentative de viol, fréquentation de boîtes échangistes, comportements simplements lourdingues avec les dames). Evidemment, qu’il ne faut pas tout mélanger. Mais si à force de veiller à ne pas tout mélanger, on s’interdit totalement le sujet, comme Marianne, hebdomadaire prisonnier de la ligne de fer qu’il s’est fixée à lui-même, on se retrouve dans la situation d’aujourd’hui, à se prendre dans la figure ce fait-divers mondialisé, et à feindre de tomber de la lune.

Ne vous y trompez pas: je n’ai aucun goût particulier pour les histoires de fesses des politiques. La sexualité est un beau sujet de littérature, mais un sujet de journalisme assez ennuyeux, à mon goût. C’est d’ailleurs pour cette raison que finalement, je n’ai jamais rompu moi-même cette omerta de manière spécialement fracassante, ce qui sert aujourd’hui sur un plateau à BHL et sa confrérie l’argument du « fallait le dire avant », en concurrence avec le « c’est encore trop tôt pour dire », dans le petit arsenal des étouffeurs. Mais bon. Au moins, je crois nécessaire aujourd’hui de dire que ce sujet de la sexualité des chefs, quand il interfère avec la vie publique (et l’interférence est sous nos yeux depuis dimanche matin, mais elle était tellement prévisible), est un sujet légitime d’investigation, et d’analyse journalistique.


Evidemment, ce discours n’est pas facile à tenir, alors que la justice américaine et le système médiatique mondial nous matraquent depuis quarante-huit heures avec le terrible gros plan d’un ex-roi du monde, défait et hirsute, luttant pour sa liberté. Si vous voulez vous confronter à un objet médiatique sans précédent, regardez l’intégrale télévisée de la comparution de DSK, qui nous a tous cueillis à froid hier soir sur les chaines d’info continue, et scotchés devant les postes comme au siècle dernier, alors qu’on venait de suivre l’épisode sur Twitter, manière 2011, époustouflés par la modernité. Ecoutez son avocat supplier qu’on le laisse en liberté, moyennant une caution d’un million de dollars, la pose d’un bracelet, la confiscation de son passeport. Fallait-il diffuser ça ? Avons-nous droit à ce spectacle ? Non. Attention: je ne parle pas du système judiciaire américain, qui à ce stade, concernant l’affaire du Sofitel, me parait au moins plus rapide et plus égalitaire que le système français. Je parle de sa mise en images. Nous avons droit à l’information, ce qui n’est pas la même chose. Nous avons le droit d’entendre les arguments des uns et des autres, les controverses, mais nous n’avons pas droit au spectacle de cette lutte pour la survie, qui ne s’adresse pas en nous au citoyen, mais au lyncheur. Comment faire ? Les moyens existent, qui s’appellent webcam, caméra de surveillance, plan large fixe, ce que vous voudrez. Je ne dis pas que la sérénité du débat s’en trouvera restaurée. Mais elle n’y perdra pas.
Commentaire : Bonsoir, je n’ ai pas vu l’ intervention de Daniel chez Taddéi hier soir, j’ ai seulement lu sa chronique « matutinale » et je trouve que, pour une fois, Daniel manque de rigueur. Ce n’ est pas une maladresse ou une gaffe qu’ il commet, c’ est une erreur grossière.

A ce stade de notre connaissance de l’ affaire, peut-on relier l’ inculpation de DSK à sa sexualité (fût-elle débridée) ? La sexualité de l’ homme politique interfère-t-elle depuis dimanche avec sa vie publique ?

Clairement NON : on a une lourde accusation, mais sauf erreur on n’ a pas (encore) démontré que DSK était sur le point dimanche vers 13h d’ avoir une relation sexuelle (forcée) avec cette femme de ménage. Et s’il ne l’ avait même pas touchée ? Et s’ il ne l’ avait même pas croisée dans l’ hôtel ? Et si, par un « complot international », il était accusé à tort ?

Ce billet de Daniel aurait convenu après l’ affaire Piroska Nagy, mais est complètement farfelu aujourd’ hui.

Evidemment – hélas la mise en garde « il ne faut pas tout mélanger » semble être inopérante – si je devais parier sur ce qui s’ est réellement passé au Sofitel de NY, je miserais sur la culpabilité du bonhomme. Ben quoi ? il suffit de regarder son passé, son appétit de la chose et le catalogue de ses frasques !

Mais, mais c’ est horrible ! Y-a-t-il une différence significative entre le raccourci « sexualité débridée-tentative de viol » que j’ emprunte allègrement et avec encore plus de facilité depuis qu’ on me rebat les oreilles avec les « dossiers » sur DSK, et le raccourci de Zemmour, « black ou beur = trafiquant » ?

Bonne soirée.