Archive pour juin 2010

Camouflet

Mercredi 30 juin 2010

Quand Sarko reçoit Henry le jeudi 24 juin alors que les premiers cortèges démarrent un peu partout en France pour protester contre la réforme des retraites menée par Woerth, de nombreux journalistes soulignent une immense erreur tactique du Président.

N’ y-a-t-il pas au contraire une manoeuvre fine (ou grossière au choix) visant à détourner l’ attention des français du mouvement social ? Si le jeudi noir mexicain peut camoufler un jeudi noir sur les pavés, pourquoi s’ en priver ?

L’ étymologie des mots camoufler et camouflet est intéressante : chault mouflet, fumée que l’ on souffle malicieusement au moufle, au museau, au nez de quelqu’ un.

Et aujourd’ hui, alors que Eric Woerth se trouve dans la tourmente et que son affaire appelle urbi et orbi une « clarification », voilà, en guise de fumigène, une commission parlementaire qui auditionne Domenech et Escalettes.

Cuisant échec, Eric Woerth reste dans le collimateur de tous et le foot relégué au second plan. Véritable camouflet essuyé par le gouvernement !

Et le Canard enchainé se déchaine en exhumant une affaire de 2001 (dont l’ affaire Bettancourt semble être une copie conforme), dans laquelle le ministre, le même, pointe le bout du nez.   

 

De la nécessité de ne jamais avoir son i-phone sur soi.

Mercredi 30 juin 2010

J’ ai perdu la clé de notre casier dans la piscine et ne me souviens plus du numéro. Je retourne à l’ eau en laissant les petits au bord du bassin, la cherche et ramasse au fond de l’ eau le précieux bracelet. Après la douche, je me dirige vers le casier 30 qui correpond à la clé (re)trouvée, soudain intrigué par la position excentrée du dit casier.

Le sac à dos qui se trouve à l’ intérieur n’ est pas le mien. J’ intercepte un agent d’ entretien qui passe à ce moment par le vestiaire et lui explique la situation.

Il revient peu après avec un passe et au moment où il ouvre les casiers qui correpondent de mémoire à ma zone, un jeune gitan à l’ embonpoint criard me demande si je cherche le casier avec un bermuda en jeans. Il m’ explique alors qu’ il a laissé la clé au maître-nageur. Merci lui dis-je avec sincérité, ou devrais-je dire avec naïveté.

Parce que le jeune, entre l’ instant de sa trouvaille et le retour de la clé, a pris le temps d’ inspecter notre casier. Il a dû être déçu par mon bermuda miteux et mon tee-shirt « conseil général 35. » 

 

parce que je le vaux bien.

Mardi 29 juin 2010

Le naufrage des Bleus en Afrique du Sud a été passionnant, jusqu’ à leur retour sur le sol français où un suivi minute par minute de leur arrivée a mobilisé stérilement toutes les rédactions. Des entretiens de Henry, Evra et Abidal, on ne retient que les éléments de langage (solidarité, unanimité dans la décision de grève), le grand déballage annoncé en réalité renvoyé aux calendes grecques.  

Alors, on s’ accroche à une autre affaire, plus croustillante que la démission de Escalettes, plus prompte à intéresser la presse people que la réforme de la gouvernance de la FFF. 

Cela se passe au sein de l’ empire L’ Oréal, voilà l’ affaire Bettancourt, une affaire qui sent le soufre et qui laisse présager de multiples rebondissements.

Le scenario semble être celui d’ un film de série B tant les ingrédients du genre sont magnifiquement réunis : une milliardaire octogénaire, un favori mondain de 20 ans son cadet à qui on reproche l’ abus de faiblesse, une fille unique qui redoute le déshéritement au profit du favori, un maître d’ hôtel qui fait des enregistrements pirates des réunions de travail et, à la lecture des bandes-sons enregistrées par l’ indélicate taupe, l’ apparition d’ un ministre (pour lequel on dénonce un conflit d’ intérêt). 

Face au tir croisé d’ une gauche virulente, d’ une presse critique et d’ une opinion publique aussi indignée peut-être que par l’ affaire Jean Sarkozy, le ministre du travail Eric Woerth  en charge de la réforme des retraites résistera-t-il ?

Feliz cumpleanos

Dimanche 27 juin 2010

Sur une balancelle, il y a Charlotte, le pouce gauche dans la bouche, le doudou Lola sous le nez, assise sur les genoux de Myriam, et de part et d’ autre, Emilia et Maria Dolores. Il y a 4 générations de femmes sur ce banc, pas de pose pour photo, pas de pause dans leur bavardage. Une complicité, vraie, pure, fusionnelle, presque castratrice. 

Maria Dolores, qu’ on appelle yaya, c’ est l’ arrière grand-mère, c’ est 80 années qui ont buriné un visage andalou, mais qui ont laissé intacts regard espiègle et yeux intelligents. Yaya était déjà grand-mère à l’ époque yé-yé, pourtant, chevelure ondulée sous une teinture noire, vernis à ongle fushia pour des mains soignées, Yaya est in, Yaya est top.  

Dans cette lignée, la qualité du français est inversement proportionnelle à l’ âge. Charlotte qui  fête ses 3 ans, après le déballage des cadeaux, après le bisou à Yaya qui lui arrache quelques larmes, dans le texte : « je vous remercie pour tous les cadeaux ». 

Footoir !

Lundi 21 juin 2010

Une fuite, des tentatives de confinement et de colmatages, et au final des bipèdes englués. Ce n’ est pas BP, ses pipelines endommagés dans le Golfe du Mexique, la marée noire emprisonnant les mouettes de Louisianne et un PDG prenant du bon temps à une régate de yatchs de luxe. C’ est le scénario consternant que découvrent au jour le jour la FFF et son irréprochable-indéboulonnable président depuis le jeudi noir sauce mexicaine.  KO sur le terrain, chaos dans les vestiaires. Des zozos aussi rigolos et pathétiques que les stars de la télé-réalité pour un spectacle guignolesque. 

Et, comme le dit Duvic dans sa revue de presse ce matin, on ouvre son journal ou son poste de radio en se délectant par avance des méchancetés que l’on pourra y trouver. Entre le « footoir » de Libération,  »la France en car » de l’ Equipe et le dicton revisité « l’ union fait la farce », mention spéciale pour le point de vue décalé d’ un intervenant RMC ; le pince-sans rire voit dans la fronde menée par les cailleras cadres Evra-Gallas-Ribéry un signe politique fort sur le sol sud-afraicain : dénoncer les résidus d’ apartheid. Le même qualifie l’ action des mutins (en réalité mercenaires qui bougent leur cul en club grâce aux millions d’ euros) de « putinerie ». 

Quid de la suite ? On veut du sang et du sensationnel ! Suicide de Domenech ? marseillaise huée, mais chantée par 11 enfants de coeur qui ont appris le texte le jour de la fête de la musique ? joueurs en sanglots lors des hymnes ? exécution, élimination en bon uniforme du traitre ? forfait contre l’ Afrique du sud ?

Il y a encore du buisness pour les sites français de pari en ligne.

Ou dernière hypothèse envisageable : calme plat après la tempête, puisque info RMC de dernière minute, M6 envoie la super nanny Bachelot pour mettre de l’ ordre dans cette pétaudière. 

Je m’ abstiens de tout pronostic. Moi, je voyais mon équipe de France en finale.

 

 

Anelka, je comprends pas !

Samedi 19 juin 2010

Si on est conscient des limites de l’ effet-rassemblement autour du foot, même après l’ exploit des Black-Blanc-Beur de 98, on ne mesure pas encore l’ impact négatif que peut avoir sur notre quotidien l’ explosion des Bleus.

Je me surprends à avoir la haine contre le clan Ribéry-Anelka, le clan des caïds. Aucune éducation, je-m’-en-foutisme, je-me-la-pète, arrogance, aucun respect pour l’ autorité et pour le pays.

A contrario, j’ imagine difficilement le jeune de banlieu s’ identifier à un Gourcuff propret et bien élevé, ou condamner les insultes du grand-frère envers Domenech.

Je crains de voir, pour la première fois avec l’ équipe de France, le foot exacerber les différents racismes et accentuer le fossé entre banlieu et « reste du monde ». 

Hier, alors que le « va te faire enculer sale fils de pute » n’ est pas encore au grand jour, un vétéran me dit en faisant allusion au Angleterre-Algérie : «  on a vu perdre nos africains contre le Mexique, j’ espère que nos arabes vont perdre ce soir contre les anglais.  » 

Aux armes citoyens !

Vendredi 18 juin 2010

Grand écart dans l’ information ce matin, spectaculaire distorsion, entre la mémoire de l’ appel patriotique du 18 juin et la déroute de Français apatrides au Mondial.

Les Bleus ne parlent plus aux Français et aujourd’ hui, plus qu’ une simple bataille, ils ont tout perdu. Une défense fébrile aussi inutile que la ligne Maginot, dans laquelle on entre comme dans un moulin, des zéros qui sombrent sans résistance sous le coup du sombrero. drôle de guerre puis Bérézina aztèque. La tête comme une pastèque, atomisés, sous l’ eau (comme à Fréjus), ils battent en retraite, une retraite trop longtemps cotisée par Domenech.

En pélérinage de l’ autre côté de la Manche, les journalistes matraquent, puis enterrent à « la pelle«  ceux qui ont joué comme des manches.  

Mais de leur « escalette » en Afrique du Sud, la FFF s’ en moque comme de l’ an 40 !

Théorie fumeuse

Jeudi 17 juin 2010

Au petit déjeuner ce matin, Clément veut savoir si ses idées scientifiques sont diffusées et vulgarisées sur le blog :  »papa, est-ce-que tu as écrit ce que j’ ai dit la dernière fois : quand on pète et qu’ on dit pardon, et ben ça sent pas » ?

C’ est fait, mon oubli est réparé.

Et sa théorie sera-t-elle réfutée par la communauté scientifique ? est-elle aussi fumeuse que celle d’ Igor et Grishka Bogdanov (les frères Guignoloff) qui voient dans le big bang la main de Dieu ? 

 maindedieunasa.jpg

La main de Dieu ? celle du vrai Dieu ? ou celle de Maradona, qui multiplie dans le bourdonnement des vuvuzelas les déclarations fracassantes et nauséabondes ?

maindedieu.png

Dernière sortie d’ El Pibe de oro : Pelé devrait rejoindre le musée et Platini est prétentieux comme tous les français.

La sottise de Maradona pue parce qu’ il ne sait pas dire Pardon ! 

La preuve par 9

Mercredi 16 juin 2010

Lien soumis par Nath : http://www.k-netweb.net/projects/mindreader/ .

C’ est bluffant.

 

LECTEUR DE PENSÉE

Pensez-vous qu’un ordinateur puisse lire dans vos pensées ?
Essayez, vous verrez que c’est possible !

Instructions :
Choisissez un nombre entier entre 1 et 99 (prenons par exemple 67). Soustrayez de ce nombre la somme des chiffres qui le composent.
(dans notre exemple, ça donne : 67 – 6 – 7 = 54)
Regardez le tableau plus bas : il fait correspondre à chaque nombre un symbole. Cherchez le symbole qui correspond au votre et répétez le dans votre tête pendant 5 secondes.
Enfin, cliquez sur le carré magique !

 0 C     1 ]     2 A     3 X     4 C     5 £     6 H     7 G     8 ®     9 C  
  10 J     11 §     12 H     13 ß     14 K     15 €     16 ¶     17 H     18 C     19 ©  
  20 _     21 C     22 X     23 Ø     24 K     25 }     26 X     27 C     28 R     29 }  
  30 M     31 S     32 F     33 æ     34 #     35 ]     36 C     37 _     38 C     39 }  
  40 #     41 X     42 M     43 Ø     44 K     45 C     46 ^     47 C     48 X     49 P  
  50 [     51 æ     52 H     53 Œ     54 C     55 R     56 J     57 Œ     58 X     59 ¶  
  60 £     61 Œ     62 }     63 C     64 F     65 G     66 H     67 F     68 {     69 æ  
  70 £     71 R     72 C     73 C     74 H     75 ]     76 [     77 A     78 ]     79 Z  
  80 S     81 C     82 [     83 [     84 æ     85 [     86 [     87 æ     88 C     89 £  
  90 X     91 §     92 _     93 M     94 §     95 {     96 F     97 D     98 _     99 X  

ET là, Miracle ! L’ ordinateur vous renvoie le bon symbole.

 

Je fais jouer Tom une dizaine de fois, constate son émerveillement. J’ ai préparé une grille semblable à celle du programme et lui montre que je sais lire aussi dans les pensées. Heureux de voir que l’ animal a mordu au jeu et à sa magie, je tente de lui expliquer la ruse.

67=6*10 + 7   (6 dizaines et 7 unités)

67-7= 60

60-6=  10*=9*6  (10 torchons – 1 torchon = 9 torchons)

Sur un autre exemple,

85=8*10+5

85-5=80

80-8=10*8-8=9*8

Un troisième exemple pour conjecturer que, quel que soit le nombre choisi entre 1 et 99, la manip conduira à 0, 9, 18, 27, … ou 81, bref à un multiple de 9. Il constate avec de gros yeux la supercherie : 0 et la diagonale des multiples de 9 sont associés au même symbole. Le tour est joué.

Petit raffinement du programme : pour ne pas éveiller les soupçons, à chaque essai, il change le symbole en question.

Tom n’ a pas tout compris. Il sait juste qu’ il va faire sensation demain avec les copains lorsqu’ il leur jouera le tour.

Belote et rebelote

Lundi 14 juin 2010

Tom et Clément apprennent à jouer à la belote. Mamie Michèle+Tom contre Clem+Dom. 

Tom « prend » à l’ aveuglette sans évaluer ses atouts et, tout compte fait, se retrouve  »dedans ». Lorsqu’ on lui explique que son équipe marque 0 et que la nôtre engrange 160 points, Tom éclate en pleurs et crie à l’ injustice : selon lui, les règles du jeu doivent être clairement énoncées avant la partie.

Malgré son argument en béton, nous marquons nos 160 points, et on repart pour une manche. Tom, qui est sous le robinet, choisit pique au second tour et là, rebelote, Clément explose : « c’ est toujours la même chose, c’ est jamais à moi de choisir » crois-je entendre dans sa logorrhée mi-cri mi-pleur. 

Je pense qu’ il s’ agit d’ un caprice, d’ un coup de poker, d’ une façon d’ imiter son grand frère qui vient tout juste de sécher ses larmes, ou d’ une manifestation de son ras-de-bol pour ce jeu compliqué,  jusqu’ à ce qu’ il abatte, dans un geste désespéré, ses cartes sur le tapis. Le pauvre a une main de carreaux ! 

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