23 mai : New York is black ?

Réveil matinal, direction Harlem pour la première messe dominicale gospel célébrée à The Abyssinian Baptist Church (prévue à 9h), recommandée par nos guides touristiques. A cause peut-être de la pentecôte et d’ un afflux exceptionnel des membres de la communauté, seule celle de 11h nous est ouverte.

Cyril et moi parcourons en vain et au pas de course la grande artère de Harlem à la recherche d’ une autre église, moins prestigieuse peut-être, qui pourrait nous accueillir à 9h.

Quartier de toute évidence populaire (malgré quelques vieilles cadillac qui scintillent sur les bords de l’ avenue), les façades des immeubles sont ternes, les trottoirs plus sales que ceux du Manhattan flamboyant.

L’ attente à the abyssinian church est atypique ; un pratiquant et son fils (?) obèse assurent la gestion de la file d’ attente en parquant les touristes sur le trottoir, contre le mur. « Don’t stay around the corner, please » aboie sans cesse le jeune homme au visage en coin de rue, mép risant et hargneux.

Le service commence. Le club des cinq 

 p1020150.jpg (ici au restaurant Caliente, 6ème Av., Greenwich Village)

apprécie les sermons plein de ferveur des intervenants où les mots « christ, »  »Lord » et « hope » sont vomis avec une fréquence comparable aux « fuck » et fucking » des héros virils hollywoodiens. Sof est conquise par un discours qui semble plus proche de la réalité, moins stérile que les Textes et plus ouvert que les sermons de nos années-catéchisme. La disposition de l’ église semble lui donner raison : point de nefs classiques, point d’ autel austère, une estrade et des micros, on se croirait sur les bancs de l’ assemblée nationale.

Pourtant, un vague malaise m’ accompagne dès l’ entrée des chanteuses en tunique mauve et écharpe jaune dont les chants et effets de voix subliment les sermons  »pêchus ». Il est amplifié lorsque deux hommes de noir vêtus et des femmes en tunique, chaussettes et bonnets blancs s’ avancent un à un jusqu’ au bassin situé derrière les micros et sont baptisés par une immersion complète sur un « take me to the water » mélodieux. 

Je m’ interroge a posteriori sur la sincérité du pasteur et de certains fidèles. Et s’il s’ agit, dans cette église-amphithéâtre, d’ une performance d’ acteurs ? Les approbations de la tête, puis sous forme de « yes » de plus en plus sonores qui montent jusqu’ à exploser en applaudissements de tout l’ auditoire…et si, c’ est l’ oeuvre de chauffeurs de salle ? et si, tout ceci est parfaitement codifié derrière une apparente spontanéité ? « Avec des si, on ferait du ski en côte d’ Ivoire » me dit souvent Tom !  

Brunch au Sylvia’s offert par Olivier, nous sommes royalement servis par un noir de mère française parfaitement francophone. Sa ressemblance avec notre Magloire national est saisissante.

Visite l’ après-midi des studios de la NBC au Rockfeller Center, qui a produit entre autres le Cosby Show. Dans les galeries du building, une publicité pour les montres Louis Martin est assurée par Barrack Obama. On ne comprend pas que la première dame de France soit aussi procédurière avec Pardon.

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Ballade vers le Flatiron (fer à repasser)

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où l’ on croise un sosie de M. Jackson.

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