Archive pour mai 2010

24 mai : Caliente

Samedi 29 mai 2010

Chauds, chauds, les contrôles de sécurité pour accéder à la statue de la liberté

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et au musée situé dans son piedestal. On sent qu’ il y a, dans le port altier de l’ oeuvre de Bartholdi, un concentré de symboles précieux pour les Etats-Unis, encore plus précieux depuis les attentats. 

Chaleureuse est notre rencontre avec Mamadou Touga, sénégalais installé à NY depuis 2000.

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L’ homme nous aborde dans le métro et nous raconte sa vie entre les stations 86th street et 28th street. Il est passionnant, plein d’ humour, fier de son frère diplomé de la Sorbonne et de son fils prof d’ anglais au Sénégal. Lui a une femme au pays et une maîtresse américaine, « vaste sujet sur lequel il aime s’ étendre. » Plaisir partagé puisque Mamadou prolonge son  trajet en sortant 2 stations après sa destination.

Chaudes sont les lumières qui caressent, le long de Hudson River, the High Line (jardin suspendu aménagé sur une ancienne voie ferrée) et Greenway bike path (terrain de jeu des joggers new-yorkais). Chaud(e)s sont aussi les travestis, transexuels et folles en tout genre qui s’ y promènent.

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Caliente, c’ est une bonne adresse sur Greenwich Village; Fajitas, enchilladas et spécialités mexicaines diverses garnissent notre table. Le mojito est succulent. Cyril, un petit coup dans le nez, est dans un grand jour, le groupe euphorique. Pour conseiller une charmante française installée près de nous, il lui suggère un « T-bone » (en laissant entendre « Tu es bonne »). Calembours et jeux de mots divers se succèdent jusqu’ à un « va te enculados » lancé familièrement et sans aucune méchanceté au sympathique serveur. Myriam, grâce à son espagnol parfait, arrondit les angles.   

M comme …

Samedi 29 mai 2010

M comme Manhattan, M comme Mathématiques. Quelle est cette association aussi improbable que celle du nazisme et de la papauté ? Encore une idée de loufoque ! Et pourtant…

Une médiane (5ème avenue qui distingue est et ouest), une diagonale (Broadway avenue), des streets d’ est en ouest et des avenues du nord au sud qui permettent un repérage cartésien type tableur, et pour la 3ème dimension, de la verticalité nous faisant ballader au milieu d’ un histogramme géant.

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Et, à la platon, nul n’ entre ici s’ il n’ est géomètre. Alors, des triangles, sur plan avec le TRIangle BElow CAnal (Tribeca) qu’ on n’ a pas visité, au plafond du Grand Central Terminal,

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et, harmonieusement accompagnés d’ arcs de cercles, au  sommet du Chrisler Building. 

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25 mai : jour du départ

Samedi 29 mai 2010

Difficile d’ apprécier à sa juste valeur ce qu’ on a vu au MET (équivalent du Louvre à Paris), lorsqu’ on n’ a pas de connaissances solides sur la peinture et la sculpture. Autant dire qu’ on n’ a pas été transportés.

Pourtant, dans un lieu qu’ on sait magique et unique, on passe une petite matinée tranquille. Je m’ émerveille devant quelques Monet. L’ émotion ne vient pas (hélas) des to iles elles-même, puisque ma sensibilité à sa série de nénuphars est quasi nulle. La satisfaction, c’ est ici de donner vie à des objets qui n’ existaient que sur papier glacé et l’ instant est « historique » dans ma petite vie.  Autre satisfaction à peine avouable, c’ est se trouver à un endroit tenu pour distingué et réservé a priori à l’ élite, c’ est (dans notre société hierarchisée) l’ impression de s’ être haussé à une classe « supérieure ». Bref, cela s’ appelle snobisme, dont une étymologie possible ne fait pas de cadeau : sine nobilitate, sans noblesse. 

Historique, tristement historique, aurait pu être notre trajet hôtel-aéroport : comme un spectateur du tour de France qui shoote Amstrong en pleine ascension du Mont Ventoux, Cyril met en boîte le métro et, pour que la photo soit sensationelle, il s’ efface au dernier moment. La rame passe à un cheveu de son sac à dos. Je n’ ai vu la scène que dans le miroir que sont les yeux de Sof et Olivier et leur visage déformé par un cri d’ effroi. On a eu chaud.

Chaud, c’ est aussi le black menotté et fouillé au corps par un quattuor de policiers sur la ligne E direction Jamaica Center (la bien nommée ?). Loin du Jewish-York aseptisé, il y a de toute évidence un autre NY qu’ on a soigneusement évité, celui de la délinquance et de l’ insécurité sans doute assorties de pauvreté.

Chaud, c’ est Mimi qui doit gérer à quelques encablures de la porte d’ embarquement une courante.

 p1020157.jpg (Caliente, viva Mexico)

La levure de bière, malicieusement décriée par Olivier, fait pourtant des miracles, au point qu’ à l’ attérissage à Montpellier, Mimi déclarera : « putain, on a bien roulé ! » 

La France se rapproche et ce, dès notre arrivée à JFK Airport lorsqu’ on est orientés vers le terminal … Orange.

Orange, c’ est le détonateur d’ une « taupe filante » chez Cyril. Après 2 jus et un café amer (meme pas peur !), il signe les chiottes de Ibéria d’ un C qui veut dire caca !

 

Meilleur joueur de tous les temps

Vendredi 28 mai 2010

C’ est une constante chez les enfants, l’ obsession des superlatifs relatifs : le plus grand, le plus costaud…

On parle foot et Tom s’ interroge sur le plus grand joueur de foot de tous les temps ; Il a déjà entendu qu’ on prête au brésilien Pelé cette qualité.

- Clément : mais, est-ce que ça peut changer ça ?

- Papa : évidemment, si dans 20 ans, Clément Hoareau a cinq années consécutives le ballon d’ or, on pourra dire que Clément est le meilleur joueur de foot de tous les temps.

Et là, pendant une demi-seconde, un vide traverse ses yeux et il esquisse un léger sourire ; Clément s’est vu en haut de l’ affiche !

Maman et papa

Vendredi 28 mai 2010

L’ histoire du soir est lue.

- Tom : On peut dormir ensemble ce soir ?

- Papa : Ok, mais si je vous entends chuchoter, je vous sépare immédiatement.

Sof arrive pour le dernier bisou avant le dodo.

- maman : Allez, chacun dans sa chambre maintenant.

- Tom : Mais papa nous a dit qu’ on peut dormir ensemble ce soir.

- Papa : Si maman vous demande de vous séparer, sans murmure obéissez.

Chacun retrouve son lit et Tom m’ interpelle :

- Tom : t’ es méchant papa !

- Papa : quand même, tu n’ es pas juste : c’ est pas moi qui vous ai demandé de vous séparer.

- Tom : tu as raison, elle est pas cool maman là !  

Pourquoi  une telle différence de traitement entre maman (qui peut ne pas être cool) et papa (qui est méchant) ?   

23 mai : New York is black ?

Jeudi 27 mai 2010

Réveil matinal, direction Harlem pour la première messe dominicale gospel célébrée à The Abyssinian Baptist Church (prévue à 9h), recommandée par nos guides touristiques. A cause peut-être de la pentecôte et d’ un afflux exceptionnel des membres de la communauté, seule celle de 11h nous est ouverte.

Cyril et moi parcourons en vain et au pas de course la grande artère de Harlem à la recherche d’ une autre église, moins prestigieuse peut-être, qui pourrait nous accueillir à 9h.

Quartier de toute évidence populaire (malgré quelques vieilles cadillac qui scintillent sur les bords de l’ avenue), les façades des immeubles sont ternes, les trottoirs plus sales que ceux du Manhattan flamboyant.

L’ attente à the abyssinian church est atypique ; un pratiquant et son fils (?) obèse assurent la gestion de la file d’ attente en parquant les touristes sur le trottoir, contre le mur. « Don’t stay around the corner, please » aboie sans cesse le jeune homme au visage en coin de rue, mép risant et hargneux.

Le service commence. Le club des cinq 

 p1020150.jpg (ici au restaurant Caliente, 6ème Av., Greenwich Village)

apprécie les sermons plein de ferveur des intervenants où les mots « christ, »  »Lord » et « hope » sont vomis avec une fréquence comparable aux « fuck » et fucking » des héros virils hollywoodiens. Sof est conquise par un discours qui semble plus proche de la réalité, moins stérile que les Textes et plus ouvert que les sermons de nos années-catéchisme. La disposition de l’ église semble lui donner raison : point de nefs classiques, point d’ autel austère, une estrade et des micros, on se croirait sur les bancs de l’ assemblée nationale.

Pourtant, un vague malaise m’ accompagne dès l’ entrée des chanteuses en tunique mauve et écharpe jaune dont les chants et effets de voix subliment les sermons  »pêchus ». Il est amplifié lorsque deux hommes de noir vêtus et des femmes en tunique, chaussettes et bonnets blancs s’ avancent un à un jusqu’ au bassin situé derrière les micros et sont baptisés par une immersion complète sur un « take me to the water » mélodieux. 

Je m’ interroge a posteriori sur la sincérité du pasteur et de certains fidèles. Et s’il s’ agit, dans cette église-amphithéâtre, d’ une performance d’ acteurs ? Les approbations de la tête, puis sous forme de « yes » de plus en plus sonores qui montent jusqu’ à exploser en applaudissements de tout l’ auditoire…et si, c’ est l’ oeuvre de chauffeurs de salle ? et si, tout ceci est parfaitement codifié derrière une apparente spontanéité ? « Avec des si, on ferait du ski en côte d’ Ivoire » me dit souvent Tom !  

Brunch au Sylvia’s offert par Olivier, nous sommes royalement servis par un noir de mère française parfaitement francophone. Sa ressemblance avec notre Magloire national est saisissante.

Visite l’ après-midi des studios de la NBC au Rockfeller Center, qui a produit entre autres le Cosby Show. Dans les galeries du building, une publicité pour les montres Louis Martin est assurée par Barrack Obama. On ne comprend pas que la première dame de France soit aussi procédurière avec Pardon.

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Ballade vers le Flatiron (fer à repasser)

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où l’ on croise un sosie de M. Jackson.

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22 mai : New York(s)

Jeudi 27 mai 2010

Journée évasion, New York nous emmène loin.

Chinatown, ses épices, ses fruits exotiques et ses poissons. Pagodes, Bouddha et Toyota ont remplacé les gratte ciel, églises et limousines de times Square. Point de policier ici alors que les autres sites touristiques en sont farcis. Chinatown semble avoir une administration et des services de sécurité parallèles.

Little Italy ou ce qu’ il en reste tant les chinois envahissent le quartier. Certaines enseignes (encore) à sonorité latine sont tenues par des asiatiques.

Départ pour une île grecque puisque nous nous sommes invités au mariage de sophie Sheridan dans la fabuleuse comédie musicale Mamma Mia. Olivier et Dom, responsables des titres de transport, oublient le décalage horaire en vigueur avec l’ Europe (et sont invités à « aller se faire voir chez les Grecs ») : la troupe nous emporte à 2h de l’ après-midi.  Les frontières entre réalité et spectacle sont sous hautes surveillance : à la suite d’ une fausse manip qui conduit Myriam et Sof à franchir ensemble le tourniquet de la station Broadway Lafayette, 2 agents de la NYPD surgissent de nulle part pour un contrôle de passeports.

Dernier voyage dans le monde de Charly et la chocolaterie. Le slogan du magasin est clair, sans hypocrisie à la française, loin du « manger au moins 5 fruits et légumes par jour » qui accompagne les réclames pour les pâtes à tartiner :  » Candy is goog food. Enjoy some everyday. »

Retour pour le New york made in USA, avec une promenade aux pieds des géants Chrysler Building et the Empire State. Le repas est servi par l’ oncle Tom : hamburger for everyone!   

21 mai : Aigle

Jeudi 27 mai 2010

Ce n’ est pas l’ aigle romain, ni celui des nazis. Il est américain et rend hommage aux victimes de la seconde guerre mondiale. Il regarde au loin la statue de la liberté. On est à Battery Park.

Avec ce souffle marin de liberté, on se sent pousser des ailes : au lieu de faire la queue pour la visite de la statue, on monte à bord d’ un hélicoptère, survole la dame à l’ high-pad « 4 juillet 1876″, Ellis Island et on remonte le long de Hudson River. Manhattan est à nos pieds et nous nous sommes affranchis de l’ écrasement des gratte-ciel.

A défaut de dépasser le mur du son, on passe le « MUR » (Wall Street et sa bourse), surveillé comme du lait sur le feu, puis petit tour à ground zero où les murs du World Trade Center ont trépassé. Ce 11 sept 2001, ni l’ aigle de Saint Jean nichant peut-être au sommet de Trinity Church, ni le pygargue à tête blanche  

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n’ ont pu contrer les forces du mal.

Fin d’ après-midi sur le célèbre pont de Brooklyn : on use de nos yeux perçants d’ aigle pour fixer la skyline new-yorkaise. Peu avant, sur Broadway Avenue, Cyril les avait déjà sollicités pour ça :  

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20 mai : God (and Kodac) bless America

Jeudi 27 mai 2010

ny.jpg Big apple se grignote comme Alice mange le champignon du ver à soie : un côté fait rapetisser,

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l’ autre fait grandir.

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Après avoir imité Adam et Eve, on cherche le salut. On atteint Top of the Rock, le nez dans les étoiles cherchant Dieu. Mais « on sait qu’ il est trop vieux » et aveugle comme une taupe. On essaie la confession à la cathédrale St Patrick. Sof confie par exemple au seigneur avoir subtilisé (par erreur) les cuillères dans l’ avion.

Agenouillé, un golden boy tente une communication via GSM avec l’ au-delà. Et pourquoi  pas ? La technologie semble avoir remplacé l’ eau bénite, comme en témoigne la présence d’ écrans plats sur chaque colonne de l’ édifice.

Lavés du péché originel, on remonte la 5ème Avenue, perçoit une vague réminiscence du fruit défendu avec Apple Store 

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puis on découvre l’ Eden : Central Park s’ étend à nos pieds et, Imagine comme dirait Lennon, le béton se noie dans un océan de verdure.

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Enfin, le soir venu, Dieu nous inonde de sa  lumière : véritable feu d’ artifice sur times Square comme si NY est une ville sur laquelle le soleil ne se couche jamais. Jessica Parker joue Satan une dernière fois sur les écrans géants avec sex and the city 2, mais l’ église veille : la scientologie, pignon sur rue, diffuse un message lumineux alléchant. God bless America ! 

19 mai : Hello NY

Jeudi 27 mai 2010

Les premières pages d’ Alice aux pays des merveilles (lues entre Montpellier et Madrid) entrent étrangement en résonance avec notre voyage vers New York.

dsc04609statuealice.jpg  (Alice in wonderland, Central Park, NY)

Dans un conte, le monde extraordinaire n’ est accessible qu’ au prix d’ un parcours semé d’ embûches et la protégée de Lewis carrol n’ échappe pas à son destin d’ héroïne : elle est perdue au milieu de couloirs et portes mystérieuses après sa chute dans le terrier de W. Rabbit.

Pour que notre route vers NY soit comparable aux plus grands contes et légendes, nous avons droit aussi à notre parcours du combattant.

Pour un départ pr évu à 12h, nous croyons un moment manquer l’ enregistrement, faisant fi des 3h recommandées par Ibéria et récupérant à 10h30 Cyril et Myriam au centre de Montpellier. La tension est palpable, mes dessous de bras auréolés.

Olivier enregistre auprès d’ une hôtesse inattentive 2 bagages au lieu d’ un seul autorisé et la contraint à faire remonter laborieusement son vanity. L’ occas est trop belle : le lover à la peau de pêche

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joue la carte séduction.

Malgré le persil soigneusement placé dans la culotte et censé lui apporter un parfum de zénitude, Mimi fait le petit chien pour lutter contre le stress, le petit coucou virevoltant au dessus des Pyrénnées.

Dernier contrôle de sécurité pour le vol IB6253. Cyril est fiché, gentiment conduit à l’ écart des regards indiscrets pour une fouille intime. 16h08 : premier frisson, 16h10 : première érection ?, 16h11 : première dilatation. Il a (peut-être) perdu sa virginité. Peu importe, toute grande aventure humaine, toute ruée vers l’ or, se paient par un lourd tribut. 

L’ avion est cloué au sol, le pilote sur le tarmac. What’s going on ? un passager refuse d’ embarquer, on lui récupère ses bagages en soute. Décollage avec 1h de retard. Devons nous insister si NY ne veut pas de nous ? rien à craindre. Sof a cadenassé sa valise ce matin, code : 974.

Evacuation du métro sur le trajet aéroport-hôtel à la station Euclid Avenue ; Sof et moi sortons à l’ arrière de la rame. En face de nous, immobile et sans expression, un barbu, deux doigts dans un plastique bleu et une bouteille sombre à la main avec la mention « hydrogen ».   

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