L’ homme qui voulait être heureux

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Roman, dit psychologique, de Laurent Gounelle. L’ auteur, présenté par son éditeur comme un spécialiste des sciences humaines, féru de philosophie et psychologie, expose certaines idées, avec le souhait peut-être de les vulgariser, avec le souci d’ être pédagogue, mais hélas au risque d’ énoncer des lieux communs. Il raconte l’ histoire d’ un enseignant (narrateur) qui rencontre un vieux sage à Bali et qui va s’ éveiller à lui-même.

Le point de départ est plutôt fun et, pourtant, très vite, je déchante. Le cadre exotique est en réalité artificiel puisque le « guerisseur » guide la thérapie du narrateur en s’ appuyant systématiquement sur des études scientifiques réalisées en Occident. Un peu farfelu : comment l’ ascète d’ Extrême-Orient a-t-il accès à ce genre d’ informations ?  Interrogation que pose aussi le narrateur, sans réponse. 

J’ aurais préféré un éclairage style « vieux maître d’ arts martiaux », avec illustrations bouddhistes issues de la vie locale. Il n’ en est rien. Seule la chute est « à la Kung-Fu ». Pour un dernier rendez-vous qui se veut capital dans le développement personnel du narrateur, le héros prend la décision difficile de repousser son départ (en y laissant quelques plumes) et, lorsqu’ il arrive au campan pour la dernière consultation, il n’ y voit personne. Le maître ne le reçoit pas ! Il trouve seulement un mot du vieux balinais, lui expliquant qu’ il a acquis ce qui manquait à son épanouissement : la capacité de faire un choix. Peut-être pourra-t-il à présent exercer le métier de ses rêves, un métier qui n’ est pas en accord avec son éducation élitiste, celui de photographe.  

L’ ensemble est poussif, les dialogues entre « soigné-soignant » peu plausibles. 

Même la blague salasse de l’ allumeuse Kate tombe comme un cheveu sur la soupe.

Pourquoi les hommes éjaculent par saccades ? 

Parce que les femmes avalent par gorgées.

Seules quelques digressions m’ ont happé, un échange-éclair de regards complices avec une belle inconnue dans un bar qui disparait comme une étoile filante pendant qu’ il commande ou règle l’ addition, le passage sur le cireur de chaussures marocain (dans une position de dominé à la tâche, mais dans une position de dominant lorsque l’ homme, qui a la satisfaction du travail bien accompli,  est sans équivoque un homme heureux).

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