Tonnerre de Brest, Missieu Tintin lé barbare

J’ ai entendu maintes fois les critiques faites à Hergé concernant le racisme de Tintin dans son expédition au Congo. On  a lu l’ album en question avec les petits ce week-end. Evidemment, on doit le replacer dans le contexte historique : Tintin au Congo est sorti dans les années 30, alors que l’ Europe (et en particulier la Belgique)  a de nombreuses colonies et se sent investie d’ une mission civilisatrice et évangélisatrice insupportable vis à vis de l’ Afrique.

Tintin, dont je ne connaissais jusqu’ ici que la culotte courte et la mèche rebelle, est loin d’ être un modèle d’ éducation. Alors qu’ il chasse pour se nourrir (jusque là, normal), il abat par erreur une dizaine d’ antilopes (l’ erreur est humaine), mais ne manifeste devant le carnage et le gaspillage aucun problème de conscience. De même, après sa chasse à l’ éléphant, il revient triomphant avec son ivoire, laissant sans vergogne la viande pourrir au soleil. Même cruauté lorsqu’ il dépieute un singe, pour revêtir sa peau et récupérer Milou enlevé par un autre singe.

Son attitude envers les Africains est souvent détestable. Lorsque le train déraille, il ordonne aux voyageurs de le  redresser sans mettre la main à la patte, son fidèle compagnon les traitant de paresseux. Triste image de l’ Africain tout au long de la BD : il apparaît comme un niais parlant le petit nègre, berné par le sorcier du village, toujours en position inférieure par rapport au Missié blanc qui lui apporte éducation et religion. Lorsque Tintin s’ improvise maître d’ école, le 2+2 qu’ il laisse aux enfants reste sans réponse. Lorsque Tintin conduit le  »méchant » en prison, le directeur de l’ établissement est …blanc, les garde-chiourmes à qui il ordonne de le placer en cellule, sont…noirs.

Autre temps, autres moeurs ?

 

 

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