Archive pour avril 2010

L’ homme qui voulait être heureux

Mercredi 28 avril 2010

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Roman, dit psychologique, de Laurent Gounelle. L’ auteur, présenté par son éditeur comme un spécialiste des sciences humaines, féru de philosophie et psychologie, expose certaines idées, avec le souhait peut-être de les vulgariser, avec le souci d’ être pédagogue, mais hélas au risque d’ énoncer des lieux communs. Il raconte l’ histoire d’ un enseignant (narrateur) qui rencontre un vieux sage à Bali et qui va s’ éveiller à lui-même.

Le point de départ est plutôt fun et, pourtant, très vite, je déchante. Le cadre exotique est en réalité artificiel puisque le « guerisseur » guide la thérapie du narrateur en s’ appuyant systématiquement sur des études scientifiques réalisées en Occident. Un peu farfelu : comment l’ ascète d’ Extrême-Orient a-t-il accès à ce genre d’ informations ?  Interrogation que pose aussi le narrateur, sans réponse. 

J’ aurais préféré un éclairage style « vieux maître d’ arts martiaux », avec illustrations bouddhistes issues de la vie locale. Il n’ en est rien. Seule la chute est « à la Kung-Fu ». Pour un dernier rendez-vous qui se veut capital dans le développement personnel du narrateur, le héros prend la décision difficile de repousser son départ (en y laissant quelques plumes) et, lorsqu’ il arrive au campan pour la dernière consultation, il n’ y voit personne. Le maître ne le reçoit pas ! Il trouve seulement un mot du vieux balinais, lui expliquant qu’ il a acquis ce qui manquait à son épanouissement : la capacité de faire un choix. Peut-être pourra-t-il à présent exercer le métier de ses rêves, un métier qui n’ est pas en accord avec son éducation élitiste, celui de photographe.  

L’ ensemble est poussif, les dialogues entre « soigné-soignant » peu plausibles. 

Même la blague salasse de l’ allumeuse Kate tombe comme un cheveu sur la soupe.

Pourquoi les hommes éjaculent par saccades ? 

Parce que les femmes avalent par gorgées.

Seules quelques digressions m’ ont happé, un échange-éclair de regards complices avec une belle inconnue dans un bar qui disparait comme une étoile filante pendant qu’ il commande ou règle l’ addition, le passage sur le cireur de chaussures marocain (dans une position de dominé à la tâche, mais dans une position de dominant lorsque l’ homme, qui a la satisfaction du travail bien accompli,  est sans équivoque un homme heureux).

Catalyseur

Dimanche 25 avril 2010

Papi Dédé, c’ est un meneur d’ hommes. Quand Papi Dédé prend un marteau, instinctivement, je prends un clou. Quand Papi Dédé prend un compresseur, je suis un peu embêté parce que je ne sais pas à quoi ça sert. Mais je suis là, moralement !

Papi Dédé, c’ est un accélérateur de particules, en l’ occurrence, un accélérateur de mes cellules flemmardes. Quand Papi Dédé est là, je m’ active un peu ; aujourd’ hui, jour du seigneur, jour de repos, j’ ai failli : j’ ai agité pendant une demi-heure ma pioche comme le samouraï un katana. Alors, le p’ tit Jésus attristé a pleuré. Il a plu pendant mon intervention et le soleil est revenu dès que j’ ai posé mon outil. Les mauvaises langues (paix à leur âme !) diront avec que le p’tit Jésus a pleuré de rire ! 

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Lyon

Vendredi 23 avril 2010

La ratatouille d’ Aurélie est délicieuse, la bavette de Stef succulente, mais la défaite de Lyon ratatiné par les Bavarois amère. Jean Moulin, arrêté à Caluire par la Gestapo le 21 juin 43, s’ est retourné dans sa tombe.

Pourtant, tout y est avant le coup d’ envoi : la maîtresse de Maison a enfilé son maillot or et Rafaël a sorti écharpe et pavillons aux couleurs locales. Stef a du mal à contenir son stress, sur son front hâlé par les beaux jours de printemps, perlent déjà quelques gouttes de sueur froide.

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J’ ai eu les mêmes la veille lorsque j’ ai été recruté accidentellement par ses copains volleyeurs, menés par un Robert survolté. Un avantage incomparable du volley sur le foot : la mixité. La présence de « petits reins » apporte une douceur et un fair-play inconnus là où ça sent les chaussettes. Au volley, on se frappe dans les mains, quand on marque, mais aussi quand on perd le point. Bref, on se frappe tout le temps dans les mains, étrange pratique pour le novice que je suis. Avec mes réflexes de footeux, je manque une à deux reprises de frapper les fesses de mes coéquipier(e)s !

 Il m’ a vanté depuis notre arrivée la perfection des images de son écran HD qui est censé nous propulser sur la pelouse de Munich. En réalité, c’ est pour mieux voir la tête d’ or de la soirée, une belle tête de vainqueur, le Dany Boon du ballon rond selon Stef : le diable de Roben. Sous les yeux rieurs du traître Sagnol et ceux médusés d’ un Sissoko sans jambes, il fusille Lloris sur sa ligne de but. 

Jolie démonstration de l’ ascenseur émotionnel déjà illustré par Gad Elmaleh dans « l’ autre et moi » (filmé à Lyon). Après l’ expulsion de Ribéry et les 5 minutes lyonnaises qui précèdent la mi-temps, après l’ espoir et l’ attente du meilleur (incarné par des patisseries dégustées à la pause), vient la chute, aussi vertigineuse que la descente de la Croix Rousse à la ripisylve (yes, je l’ ai placé) du Rhône parcourue sans encombre le matin malgré les quelques giries (yes, je l’ ai placé) de Clément.

 

Et ça part de là !

Lundi 19 avril 2010

De Marseille à Bagnoles, de Vitrolles à Nîmes, du plus petit au plus grand,

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de la plus jeune à la plus vieille,

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ils sont venus, ils sont (presque) tous là pour mes 35 ans à fouler le dancefloor lavérunois.

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Fumée et laser, alcool et sono, le décor est planté. Canapés poussés contre la baie vitrée, tables contre le mur garnies de victuailles, guirlandes multicolores tendues de part et d’ autre de la pièce, et ça part de là !

Entouré de Lio et Michel, je bois. La soupe champenoise est savoureuse, l’ effet éthylique l’ est aussi. Mes chaperons me ravitaillent régulièrement, avec une science infinie de la perfusion, l’ un et l’ autre connaissant les affres de l’ alcool trop goulûment absorbé. Ils me saoûlent méthodiquement pour que je tienne toute la soirée, ils me saoûlent avec application pour mieux me désinhiber. Et ça part de là, les quelques dommages colatéraux insoutenables à la vue ! 

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Sauvagement agressé par des tigresses en furie 

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 indomptables

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et des lapines mutantes et entreprenantes,

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-j’ ai dit mutantes-

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-et entreprenantes-

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j’ ai failli être achevé par des vapeurs alcoolisées aussi abrasives que le nuage de cendres islandais

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avant d’ être réanimé in extremis 

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puis rapidement réconforté par un retour aux fondamentaux : un abonnement pour le MHSC.

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Montpellier en ligue des champions ? Et ça part de là

 

Quinté pour Rémi

Vendredi 16 avril 2010

Voici le résultat du quinté dans l’ ordre : Georgette, Stéf, Sandrine, Rolande et Chantoune. Le sixième est Lionel, égaré sur le champs de course, qui passe par hasard la ligne d’ arrivée. Et puis, et puis il y a les non-partants dont Yann est un fier représentant. 

Mais de quelle arrivée s’ agit-t-il ?

Je parle de la course à me souhaiter un joyeux anniversaire. Hier, j’ ai fêté mes 35 ans. Toute la journée, je vous imaginais dans les starting-block, trépignant d’ impatience devant votre combiné : « bon allez, je l’ appelle, ouais mais il est peut-être encore un peu tôt, je risque de le reveiller, ok j’ attends encore 5 minutes ».

J’ ai attendu minuit, un peu désemparé, mais toujours avec un souffle d’ espoir : les derniers du 15 seront les premiers de mon sommeil. Et puis, je suis allé me coucher. Le lion est mort ce soir !

En parlant de lion, que fait mon cousin Yannis, anticipant il y a quelques années mon anniv au point de me réveiller un 15 février à 6h du matin ? Peut-être y pensera-t-il le 15 juin, me lançant alors solennellement un appel (trois jours avant de fêter les 70 ans de celui du Général) ?

    

Réponse à Tonton yo

Mercredi 14 avril 2010

Tonton Yo remarque que mon avis sur la télé est excessif. Tonton Yo a raison. D’ ailleurs, chaque billet un peu polémique posté sur ce blog est excessif. Je devrais préciser ceci sur la page d’ accueil. A vrai dire, cette précaution me semble superflue : le blog a pour moi une fonction d’ exutoire et, par définition, un pamphlet (contre la télé ou autre chose) ne peut être modéré.

En copiant Gide, on ne peut faire un bon blog avec de bons sentiments.

Idem pour la télé. Et, à mon sens, c’ est là que le bât blesse ; Pernaut et son journal de 13h me sont insupportables. 

-Tempête, putain, les dépêches de l’ AFP précisent résidence secondaire pour les sinistrés.

-T’ as quoi dans la boîte, la bonne femme qui hurle et qui est prête à passer sous le bulldozer ?

OK ! alors, on ne précise rien …

-Ouais, mais c’ est pas très honnête.

- ça se voit que t’ es journaliste stagiaire. Tu ne mens pas ! tu omets un détails ! 

  »Y a que la vérité qui compte » diraient pourtant les duettistes Bataille et Fontaine. Et Delarue ? la tête légèrement penchée et le regard compatissant, il écoute la mère de famille dont la fille aînée est anorexique et dont le dernier est mort l’ été dernier d’ une noyade. Quel gendre idéal ! moi, il m’ horripile.

Ce qui me gêne, c’ est la nécessité pour ses productions de faire de l’ audimat ; j’ imagine les réunions d’ équipes pour la préparation de ces émissions  

 - Ah non, celle qui a perdu son époux dans un accident de voiture, ah non ! trop banal

- Dans ce cas, on a le témoignage d’ un père qui assiste impuissant à la mort atroce de ses proches dans un incendie. Qu’ est-ce que t’ en penses ? ça pourrait être porteur. Le télespectateur peut s’ identifier facilement et, en même temps, c’ est original…

Dur, dur le casting des invités derrière le rideau (de Bataille et …) ! Et puis, il y a les émissions divertissantes. A prendre comme elle viennent, sans réfléchir. Et certes, elles parviennent à me divertir. Mais comme je suis casse-couille, je pense parfois à ceux qui tiennent les ficelles derrière, ceux qui n’ ont rien à faire de mon bien-être, ceux dont le seul objectif est d’ « aider coca-cola à vendre son produit », ceux qui me « détendent pour me préparer aux messages publicitaires », ceux qui me méprisent en vendant aux plus offrants du « temps de mon cerveau disponible ».  

 

 

Xynthia

Mardi 13 avril 2010

Nos bouts de chou pensent que la télé est chouette, je pense qu ‘elle est souvent chiotte. Je ne regarde pas les JT, préférant aller planter mes choux. Cependant, pour ne pas être complètement dans les choux, je lis D. Schneidermann qui décrypte quotidiennement ses images ; il constate jour après jour que la télé fait ses choux gras des faits divers qui font chouiner.

Par exemple, les 7 et 8 avril, ni Ferrari, ni les autres, présentant la détresse des sinistrés de la tempête Xynthia, ne précisent que les 1500 maisons en voie de destruction sont, pour presque 90% d’ entre elles, … des résidences secondaires.  Pourquoi une information tronquée ? pourquoi de la rétention d’ information sur les petits écrans alors que presse écrite et radios en ont fait écho ? le moteur de la télé, c’ est l’ émotion et ce complément d’ information aurait sans doute atténué l’ effet boeuf du spectacle des larmes. C’ est bête comme chou

Langage châtié contre langage de charretier

Vendredi 9 avril 2010

Tom est assis à côté de moi, un brin inquiet. Sa maîtresse lui reproche ses prises de parole intempestives et son vocabulaire parfois trop familier du type « ça craint » ou « c’ est naze ». Je dis à la maîtresse qu’ on sera plus vigilant à la maison et qu’ on veillera à son langage. Pas très bien dans ses baskets lors du rendez-vous, Tom reste toutefois droit dans ses bottes à la sortie : « papa, je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas parler familièrement à la maison, puisque familier et famille, ce sont bien des mots de la même famille, non ? »

J’ applaudis intérieurement ce genre de remarques pertinentes et approuve malgré moi cette douce impertinence.  

  

Coup de boule, de génie et de théâtre

Mercredi 7 avril 2010

ça faisait un bail que je n’ avais pas vibré devant un match de foot à la télé, et le quart de finale retour de la ligue des champions entre Bordeaux et Lyon m’ a enthousiasmé. J’ ai un faible pour les girondins (eu égard à mon enfance colorée par les exploits de Giresse, Tigana et Trésor), sans pour autant être fan au point de vivre les 90 min la boule au ventre.

Et en parlant de boule, la tête rageuse de Wendel dans les dernières minutes est à mon sens le moment-clé du match : l’ arrêt de Lloris transforme la faim des Bordelais en vélleités inoffensives. 

Il me fait penser au coup de tête de Zizou en finale de la coupe du monde 2006 face à l’ Italie. Plus que sur l’ expulsion du capitaine français pour un autre coup de boule, le match se joue sur la claquette de Buffon…  

Tonnerre de Brest, Missieu Tintin lé barbare

Mardi 6 avril 2010

J’ ai entendu maintes fois les critiques faites à Hergé concernant le racisme de Tintin dans son expédition au Congo. On  a lu l’ album en question avec les petits ce week-end. Evidemment, on doit le replacer dans le contexte historique : Tintin au Congo est sorti dans les années 30, alors que l’ Europe (et en particulier la Belgique)  a de nombreuses colonies et se sent investie d’ une mission civilisatrice et évangélisatrice insupportable vis à vis de l’ Afrique.

Tintin, dont je ne connaissais jusqu’ ici que la culotte courte et la mèche rebelle, est loin d’ être un modèle d’ éducation. Alors qu’ il chasse pour se nourrir (jusque là, normal), il abat par erreur une dizaine d’ antilopes (l’ erreur est humaine), mais ne manifeste devant le carnage et le gaspillage aucun problème de conscience. De même, après sa chasse à l’ éléphant, il revient triomphant avec son ivoire, laissant sans vergogne la viande pourrir au soleil. Même cruauté lorsqu’ il dépieute un singe, pour revêtir sa peau et récupérer Milou enlevé par un autre singe.

Son attitude envers les Africains est souvent détestable. Lorsque le train déraille, il ordonne aux voyageurs de le  redresser sans mettre la main à la patte, son fidèle compagnon les traitant de paresseux. Triste image de l’ Africain tout au long de la BD : il apparaît comme un niais parlant le petit nègre, berné par le sorcier du village, toujours en position inférieure par rapport au Missié blanc qui lui apporte éducation et religion. Lorsque Tintin s’ improvise maître d’ école, le 2+2 qu’ il laisse aux enfants reste sans réponse. Lorsque Tintin conduit le  »méchant » en prison, le directeur de l’ établissement est …blanc, les garde-chiourmes à qui il ordonne de le placer en cellule, sont…noirs.

Autre temps, autres moeurs ?

 

 

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