Archive pour mars 2010

Brest

Dimanche 28 mars 2010

-Allo Nico, je suis allée des Bartavelles, mais je crois que je me suis trompé…

-Pourquoi ?

-parce qu’ il n’ y a pas de N° 836, ça s’ arrête au 31 et en plus il n’ y a que des superbes baraques.

Il n’ y a pas d’ erreur : Lolo et Nico louent un appart dans les quartiers chics de Vitrolles, petit appart chaleureux sous les toîts d’ une grande villa. Le lieu me fait penser à Melrose Place. Les cousins me font une petite place pour la soirée puisqu’ ils sont à un quart d’ heure de Marignane et demain, à l’ aube, je m’ envole vers Brest pour un colloque sur 2 jours.

Réveil 5h du matin, il fait doux ce jeudi matin. Je gare ma voiture dans un parking longue durée et pénètre la zone d’ enregistrement avant de me faire rediriger vers le bâtiment MP2, MP pour Marseille Provence et 2 comme … deuxième classe. Parce que le MP2, réservé aux compagnies low cost, dépourvu de carrelage et de moquette, est véritablement en deuxième division. Tout a un parfum de prix bradé, y compris les hôtesses de l’ air (désolé pour ce mot de goujat).

Arrivée à Brest, ciel chargé malgré une petite lucarne bleue comme si l’ avion y avait fait son trou avant l’ atterrissage. Bienvenue à Brest, il fait froid et le vent est à décorner les boeufs.

Séances de travail intéressantes, séance émotion lorsque je retrouve un prof de St Etienne, jury il y a 6 ans pour le recrutement sur un poste qui m’ a échappé. Il se souvient de moi et m’ avoue s’ être battu en vain pour ma candidature.

Repas folklorique et gargantuesque : crèpes à volonté cuisinées devant nous par des dames portant une coiffe bretonne.

Visite du château de Brest, l’ évolution des fortifications, des romains à Vauban, est expliquée par une bretonne 100% pur jus. Surprise et agacement devant les panneaux de signalisation en français et en breton, cela me fait penser à Barcelone où espagnol et catalan se cotoient sur les routes. On peut être fier de son pays, au point de baptiser certains sites par des noms locaux, sans exiger pour autant une traduction systématique des indications.

Visite des pavillons polaire et tropical de l ‘Océanopolis et repas « mer » sur place. Petit souci avec les crevettes, je ne les ai jamais décortiquées…

Deuxième journée de travail, puis solitude pour une deuxième nuit dans un Brest peu appétissant. Du coup, mon repas face à moi-même, c’ est, dépaysement assuré, une choucroute d’ Alsace. Je termine en chambre Bel ami , et un mot en passant (yes pour le jeu de mots), j’ ai apprécié le récit de l’ ascension sociale de Georges Duroy à Paris grâce à la séduction des femmes et à son amoralité.

Navette pour l’ aéroport, je « plume » le canard enchaîné en attendant le départ. L’ avion s’ envole, la mouette bretonne finit par se taire, adieu le Finistère.

Aux armes !

Mercredi 24 mars 2010

Hier, on prive les garçons de l’ histoire du soir parce qu’ ils sont trop bruyants et excités. Deux minutes après les avoir couchés, on entend Tom qui descend les escaliers à pas de loup. « Où tu vas ? » Il brandit son marsupilami par la queue et répond : « Le peuple se révolte. »

Petit déjeuner en tête à tête ce matin avec Clément, Sof est partie au boulot et Tom dort. « Papa, je suis capable de faire bouger mon zizi sans le toucher », et il se déculotte pour une démonstration.

Il y a de la révolte dans l’ air !

Si j’ étais né en 17 à Linderstat

Jeudi 18 mars 2010

Grosse promotion pour « le jeu de la mort » (émission diffusée en prime time sur France 2 hier soir) et probablement gros score à l’ audimat. Un documentaire sur l’ obéissance en milieu télévisuel (c’ est en tout cas comme cela que le présente son auteur Christophe Nick) , suivi d’ un débat. J’ étais devant le petit écran à 20h30 alors que je m’ étais dit que je ne regarderais pas l’ émission. Je déteste lorsque la télé (que je qualifie de façon excessive de poubelle) se donne bonne conscience en abattant la carte vertu et c’ est ce que l’ évènement hyper-annoncé laissait présager. Faible, lâche, obéissant aux électrochocs de la promo, j’ ai cédé et regardé. Je suis allé me coucher un peu mal à l’ aise, signe que ce n’ était pas si mal devrais-je dire, et pourtant, de mauvaise foi peut-être et guidé par un dégoût immense pour la télé, je tente de me persuader que c’ est de la merde.

D’ abord, la première partie a le goût de la télé-réalité, d’ une télé qu’ elle dénonce en substance. « Faux » dit (cet aprem dans la tête au carré sur FI) le barbu blanc chargé d’ interpréter les réactions des candidats, il n’ y a pas de décharges réelles et pas de sous comme il y en aurait eu dans le cadre télé-réalité. Certes, mais, outre le matraquage qui fait penser au lancement du premier Loft Story, il y a des candidats héroïsés et des « maillons faibles » qu’ on a envie…d’ électrocuter, des candidats que j’ imagine fragilisés psychologiquement après cette expérience, comme la lolita qui donne de la voix et qui se fait déglinguer par le jury de la Nouvelle Star.

Et le débat ? Tiens, encore des « experts », de « beaux esprits » selon Christophe Hondelatte au discours verbeux qui remplacent allègrement la kyrielle de psy présents sur les autres plateaux. Je n’ ai rien retenu de leurs échanges houleux, je n’ ai en tête que le visage harmonieux de la prof de philo de Jussieu.

Je n’ ai pas échangé sur l’ émission, j’ émets toutefois l’ hypothèse selon laquelle une majorité de téléspectateurs (avec proportions inverses des résultats du « Milgram » d’ hier) ne comprend pas que 80% des candidats se soient fait « piéger ». Moi, je ne comprends pas qu’ on soit persuadé, avec une conviction infinie, d’ être assez fort pour résister au rouleau-compresseur télévision et son triumvirat « animateur-public-caméras ». Qu’ aurais-je fait à la place de ces candidats ? I don’t know, tout comme je ne sais pas si j’ eusse été un résistant ou un collabo en 40. Introspection, voilà le seul bénéfice de cette soirée télévisée ! Mais alors, si la télé me fait réfléchir, pourquoi affirme-je que c’ est de la merde ?

Un yab au soleil

Mardi 16 mars 2010

Avant son arrivée officielle, voilà que le printemps pointe le bout de son nez. Alors, comme tout frustré de soleil qui se respecte, j’ ai pris mon premier bain. Pas sur une terrasse de café, non, l’ expression tomberait à l’ eau ; Non, j’ ai nagé à midi à la piscine chauffée, mais en plein air de la Paillade. Trop cool !

 

Té Bill

Jeudi 11 mars 2010

Lyon met Madrid KO en ligue des champions et se qualifie pour les quarts ; la presse espagnole déglingue les meringues et ses millions d’ euros de recrutement. « Les titres ne s’ achètent pas, ils se gagnent ! »

Gros sous encore avec le classement des plus grosses fortunes mondiales, Bill Gates détrôné par un Mexicain. Le patron de LVMH (Bernard Arnaud), habitué du Fouquet’ s, est classé 7ème et premier européen.

En parlant de Fouquet’s, la maraîchère de 73 ans Lina Renault (qui perçoit une retraite de 600 euros) n’ héritera finalement pas du luxueux immeuble haussmanien des Champs-Elysées qui abrite le resto préféré de Sarko. Elle n’ avait qu’ à s’ appeler Line Renaud !

Avocat du diable

Jeudi 11 mars 2010

Un vétéran de l’ équipe innonde les boîtes mail de blagues douteuses. Parmi elles, l’ une m’ a fait sourire

« vérité historique : Charles Martel repousse les Arabes en 732 à Poitiers, ils reviennent à Roissy en 747, »

une autre, en revanche, m’ a crispé les zygomatiques

« Il y a 2 ans j’ai du annuler mon vol vers

l’Indonésie à cause du Tsunami, 250.000 morts,
 

Cette année j’ai du annuler mon vol vers Haïti à cause du tremblement de terre, 200.000 morts,
 

l’année prochaine je vais en ALGERIE, je suis impatient…



De même, ce matin en écoutant la radio, comment ne pas serrer les dents et ne pas approuver le tollé des politiques (de gauche) lorsque Gérard Longuet déclare que Malik Boutih n’ est pas le bon personnage (pour être à la tête de la Halde) car n’ appartenant pas au « corps français traditionnel. »

Ma première réflexion est la suivante : après Hortefeu et sa blague des Auvergniats, Frêche et ses sorties « rances », Ali Soumaré qualifié (à l’ arrache et à tort) de « délinquant multirécidiviste chevronné », marre d’ entendre les journalistes parler de dérapage verbal, ce n’ est plus du dérapage verbal, c’ est … du racisme !

Pourtant, en lisant la chronique de Marie Eve Malouines publiée sur le site de France info, j’ ai l’ impression que Longuet est plus maladroit que raciste et qu’ il est rattrapé par son passé (et par les régionales à venir) ; L’ animal a été dans sa jeunesse militant d’ extrême droite.

La réponse complète de Longuet à la question « pourquoi pas Malik Boutih à la tête de la Halde ? » est la suivante :

« ce n’est pas le bon personnage. La Halde ça veut dire que la France s’ouvre aux populations nouvelles. Louis Schweitzer, un vieux protestant, c’est parfait ! il vaut mieux que ce soit un corps français traditionnel qui se sente responsable de l’accueil de tous nos compatriotes. Si c’est quelqu’un de l’extérieur le risque c’est de rater l’opération. »

Si on omet l’ expression « corps français traditionnel » sur laquelle s’ appuie évidemment la polémique, le reste de la phrase me semble avoir plutôt un écho humaniste (populations nouvelles, accueil, tous nos compatriotes). Et si le maladroit voulait simplement dire que, pour aider la France traditionnelle à combattre les discriminations et en définitive pour combattre la France traditionnelle dans ce qu’ elle a de plus détestable, il est nécessaire que l’ impulsion soit donnée par un Français qui ait la couleur de cette France ? Formulé comme ceci, son argument ne serait pas indiscutable mais, en tout cas, respectable. 

   

Je suis riche !

Mercredi 10 mars 2010

Deux collègues de l’ IUT discutent salaire. La première se plaint de n’ être qu’ au 10ème échelon et explique qu’ elle ne « passe qu’ à l’ ancienneté ». Le second feint de ne pas savoir s’ il passe « au grand » ou « au petit choix », puis de s’ enquérir de sa situation sur le site des profs. J’ apprends peu de temps après que la « mécontente » l’ est d’ autant plus qu’ une autre collègue passe systématiquement au grand choix. « Elle doit avoir ses entrées », entends-je.

A ces mesquineries, jalousies, envies … je préfère de loin mon contentement à la suffisance  ; je gagne moins que chacun des protagonistes sus-cités, et pourtant, incontestablement, je suis plus riche que les 3 réunis. Mon amie Simone ne pourrait pas mieux le dire : « satisfaite de la place que j’ occupais dans le monde, je la pensais privilégiée ». Elle donne par ailleurs une définition de ce qui pourrait être le bonheur :  »j’ ai toujours trouvé la réalité plus nourrissante que les mirages ; or les choses qui existaient pour moi avec le plus d’ évidence, c’ étaient celles que je possédais : la valeur que je leur accordais me défendait contre les déceptions, les nostalgies, les regrets…Blondine (ndlr : sa poupée) était vieillote, défraichie, mal habillée ; je ne l’ aurais pas cédée contre la plus somptueuse des poupées qui trônaient dans les vitrines… » 

Mise à jour le 16-03 : Tonton yo  me souffle ce qui aurait pu être le titre de ce billet : « chéri, regarde, le voisin i veille a nou. »

 

 

Mon compte est bon

Mercredi 10 mars 2010

Sur un trajet en voiture, on s’ interroge sur le temps passé dans son habitacle. Tom me demande si, depuis ma naissance, j’ ai déjà 1000 h de bagnole dans les pattes. Evidemment, lui dis-je. Pour fixer les idées, j’ ai fait pendant 4 ans 1h30 de voiture pour un aller-retour Maison-Lycée. Alors Tom compte à voix haute :

-1h30 fois 140…

-Pourquoi 140 ?

-ben, en un an, tu es allé bossé peut-être 140 jours, ben oui, entre les week-end, les vacances, au final, il ne reste plus grand chose !

Si tout le monde s’ y met, je vais adhérer à la théorie du complot contre mon activité (terme adéquat) professionnelle ! 

Femme

Lundi 8 mars 2010

Journée internationale de la femme, quelle jolie fumisterie ! Tant que la journée de la femme existera, on ne pourra prétendre à l’ égalité des sexes, à moins de rectifier le tir en faisant une journée du mâle. Pour la petite histoire, ironie ce matin sur France Inter lorsque les mots choisis par la journaliste sont ceux de René Char : « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. » Peut-on en effet « s’ habituer » à la femme en lui consacrant une journée par an ? 

Prétention

Jeudi 4 mars 2010

Je reprends la course à pied, après 4 semaines de repos suite à une entorse acromyo-claviculaire. C’ est dur, mais c’ est bon ! Je donne à mes bras le maximum d’ amplitude, convaincu que ce genre d’ exo constitue une bonne rééducation. A ce sujet, beaucoup de gens de mon entourage s’ étonne qu’ on ne m’ ait pas prescrit des séances de kiné. Je ne le dis pas, et pourtant je le pense fort : pourquoi du kiné ? Ne suis-je pas apte à retrouver seul et en temps limité mon épaule ? Idée irrationnelle, d’ autant plus farfelue que ma connaissance du corps, fût-elle du mien, est sommaire. 

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