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Archive pour octobre 2009

A chacun sa collection

Vendredi 23 octobre 2009

Clément rentre de l’ école avec sa pochette des travaux des mois de septembre et d’ octobre. Il n’ y a que des bonhommes contents : les félicitations que je lui adresse le rendent fier comme Artaban. La jalousie de Tom est titillée et il s’ empresse de me faire voir sa collection de … billes.

  

Un rien qui fait tout

Mercredi 21 octobre 2009

Difficile de sortir ce matin des brumes matinales, d’ autant plus difficile que pluie et ciel sombre semblent nous maintenir dans la torpeur de la nuit. 9h15, nous nous rendons au clae et sur notre route, à un stop, nous sommes quelques secondes dans la cuisine de la maison d’ en face. Un petit écran diffuse quelques images de foot.

- on reste là papa, pour regarder le match ?

C’ est le début d’ un délire : coude sur l’ accoudoir, je mime un télespectateur attentif, qui soudain explose de joie devant un but. Les petits renchérissent sur le comique absurde amorcé, en imaginant derrière nous une file de voitures, klaxonnant nerveusement notre impassibilité. C’ est le fou rire général, un souffle joyeux qui vient du fond de nos entrailles et qui  nous réveillent ; ça y est : j’ ai gagné ma journée !  

 

Sandwich

Lundi 19 octobre 2009

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 Après l’ histoire du soir, Sof se fait immobiliser par les garçons qui ne veulent pas la voir partir et qui souhaitent prolonger à tout prix le moment tendresse.

Ce doux sandwich contraste avec la pression « Orange » que Sof vit au quotidien. Tiraillée entre les chiffres du trimestre et la volonté non marchande d’ apporter un service et un conseil de qualité. Sa solution pour mieux vivre le stress : la calinothérapie.

Contraste aussi avec l’ étau peu attendrissant que décrivent certains en évoquant les fichiers pudiquement baptisés  »bases de données » par brice Hortefeu. Quel cynisme que de faire passer par décret ces fichiers le week-end de la sainte Edwidge ! A croire certains commentateurs de la vie politique, ce tumulte est peut-être assez puissant et fumigène pour éclipser les autres polémiques élyséennes, et en particulier l’ arrivée probable du prince Jean à l’ EPAD.

Poésie et peinture

Samedi 17 octobre 2009

Samedi matin, séance poésie. Qui récitera le mieux le poème que Tom doit apprendre pour lundi ?

Ma tête, boîte à rêves, île au trésor, dans ma tête il y a tous mes secrets, dans ma tête il y a des bêtes noires qui me font peur et des bêtes à Bon Dieu de toutes les couleurs, dans ma tête je suis chez moi quand je ferme les yeux et personne ne peut entrer.

A Clément de proposer sa (ses) récitation(s) :

L’ automne au coin du bois joue de l’ harmonica, quelle joie chez les feuilles, elles valsent au bras du vent qui les emportent, on dit qu’ elles sont mortes mais personne n’ y croit, l’ automne au coin du bois joue de l’ harmonica.

puis

A l’ enterrement d’ une feuille morte, deux escargots s’ en vont, ils ont la coquille noire, du crêpe autour des cornes. Ils s’ en vont dans le soir, un très beau soir d’ automne. Hélas quand ils arrivent, c’ est déjà le printemps, les feuilles qui étaient mortes sont toutes réssuscitées et les deux escargots sont très désappointés.

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Quelques commentaires que m’ inspire (ou plutôt que ne m’ inspire pas) « la » peinture, de façon générale tout ce qui touche de près ou de loin à l’ art. Nous sommes passés au château du village pour une exposition de Ionas. What’s this ? Des gribouillis comme dirait Tom, un mélange incompréhensible de peinture, collage, assemblages, femmes nues, des usines et au milieu une bouche ouverte. Aucune émotion, peut-être un message écolo (cri de désespoir dans ce désordre industriel), en tout cas rien qui me touche.

J’ entends depuis quelques jours parler de l’ outrenoir de  Pierre Soulages qui expose au centre Pompidou à Paris. Les supports sont suspendues et, selon certains fans, on y perd son latin tant les oeuvres sont à la frontière entre toile et sculpture. Quelle imagination ! Le genre de critique (lue sur le site de la Dépêche) :

 Lorsque le noir occupe toute la toile, le plaisir naît du jeu du mat et du brillant, des variations d’épaisseur de la matière et de la déclinaison très étudiée des stries.

me laisse sur le cul, dubitatif et, avec mon esprit épais et peu tolérant, je ne peux m’ empêcher de crier : Arnaque !

Pourquoi autant de mise en scène et de com ? La puissance de sa peinture ne se manifesterait-elle pas sans tous ces artifices ? Les interprétations les plus farfelues font-elles l’ oeuvre ?

Le peintre n’ aurait-t-il pas trouvé son fond de commerce, sa vache à lait en inventant ce concept d’ outrenoir ? Sa théorie : retour aux sources, biologiques d’ abord puisque les premiers instants de vie se passent dans le ventre maternelle avant de voir le jour, artistiques ensuite puisque les hommes préhistoriques peignent avec du noir dans l’ obscurité des grottes, réflexion de la lumière transformée par le noir qui permet l’ introspection, l’exploration de son champs mental… tout ce discours verbeux ne me convainc pas.  

Au risque d’ être aussi grossier que Maradona après la qualification laborieuse de l’ Argentine pour le Mondial 2010, j’ ai une autre théorie fumante : il y a d’ autres trous, sombres et mystérieux où le noir est omniprésent et savez ce qu’ on y trouve  ? de la m…

J’ espère que mes fils auront plus de culture et de sensibilité que moi pour pouvoir appréhender l’ univers artistique, qui m’ est impénétrable.  

Ironie

Mardi 13 octobre 2009

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« Si Jean Sarkozy était en Equipe de France, on ne serait pas obligé de se taper les barrages! ». C’ est drôle ! Voilà le genre de blagues qui circulent sur Internet après le tollé de la candidature du rejeton à l’ EPAD ( Etablissement Public d’Aménagement de la Défense). Les internautes sont agacés et cette réaction de la netosphère est décrite ici : http://www.20minutes.fr/article/354107/Media-Jean-Sarkozy-est-partout-sur-les-reseaux-sociaux.php  Moi aussi, j’ ai signé la pétition en ligne de Christophe Grebert contre la nomination de Jean Sarkozy à la présidence de l’ EPAD, dans une démarche-exutoire mais à mon sens sans portée. C’ est un coup d’ épée dans l’ eau : quand on est prêt à vivre sans complexe une ascension fulgurante de fils-à-papa, on n’ a pas peur du ridicule, et on n’ a donc peur de rien ; En particulier, on n’ a rien à faire d’ une pétition.

Depuis quelques jours, on a droit à un large éventail de réactions face à la candidature de Jean sarkozy à l’ EPAD. Je passe sur les ministres du gouvernement, contraints de fayoter en soutenant la cause du dauphin. Dur métier celui d’ homme politique, avaler parfois des couleuvres et faire comme si rien n’ était, continuer à jouer vent debout la solidarité, défendre une légitimité fictive… A  gauche, on ne peut être que révolté et parmi les diverses manifestations de ce sentiment, je préfère (et de loin) celle de Fabius qui a choisi la voix (voie) de l’ ironie. Son intervention sur france inter est délicieuse, c’est ici http://centrefrance.kewego.fr/video/iLyROoafIrJ_.html 

Sudo-ku

Dimanche 11 octobre 2009

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Nous avons visité avec les petits un site sur les pokémon (pocket monster). On y apprend plein de bricoles : par exemple, les pokémon-tortues ( Tortipouss, Torterra) sont très largement inspirés des Kappa de la mythologie japonaise, tortues à crâne creux en soucoupe rempli d’ eau, qui  »gobent » les humains par leur anus. Pour les vaincre, il suffit de les saluer puisque, polis, ils font à leur tour une courbette, renversent ainsi l’ eau à leurs pieds et deviennent alors inoffensifs.

On y apprend aussi que les patronymes des pokémon sont des « noms-valises »; par exemple, Goupix (goupil+six) est un renard à six queues alors que feunard (renard+feu) en compte neuf.

Très formateurs le découpage des mots et la recherche étymologique. Pour preuve, Tom découvre une grille de Sudo-Ku en feuilletant un Picsou-magazine et, d’ un ton malicieux et péremptoire, affirme que sudo signifie « tu te grattes ».    

  

La vida loca

Dimanche 11 octobre 2009

 

 vidaloca.jpghttp://www.critikat.com/La-Vida-Loca.html

Des fables de La Fontaine à certaines subtilités mathématiques, il y a des choses qu’ on apprend « par tête », et qu’ on ne comprend que bien plus tard : on peut alors les assimiler  »par coeur » c-à-d avec les tripes. Et puis, il y a des choses qu’ on ne comprend jamais malgré un acharnement dans la mémorisation. Je n’ ai jamais entendu les prières, le « notre père », « je vous salue Marie »,  »je crois en dieu » … toujours les ai-je débitées sans réfléchir aux mots et à leur signification. Cette nano-réflexion me vient après la vida loca.  Dans le bouleversant film de Christian Poveda, les enterrements des membres du gang salvadorien  »la mara 18″ (opposé à la bande « mara salvatruca ») rythment le quotidien, toujours la même douleur atroce, toujours les mêmes déchirements, toujours la même soif de vengeance  et…toujours les mêmes slogans religieux, dits sans conviction, sans vérité car dénués de sens.

Le personnage le plus touchant est cette femme borgne qui a une  »bille » logée au fond de l’ oeil. Elle respire la souffrance physique (peut-être) et morale (sûrement). Et puis, il y a l’ intervention chirurgicale, le retrait du projectile, l’ espoir de retrouver un regard acceptable avec une prothèse. Du dépit lorsque le chirurgien n’ a pas sous la main une prothèse adaptée à sa cavité oculaire et repousse son sort, de la joie, du bonheur majuscule, décuplé par la présence de son bébé d’ amour, lorsqu’ enfin elle retrouve un visage humain et les plaisirs de la coquetterie féminine, et puis…et puis inexorablement la mort par balles.

Une série de pourquoi

Mercredi 7 octobre 2009

Créteil Bébél vs Paris Football Gay. Pourquoi, comme le souligne Daniel Schneiderman dans sa chronique du matinaute chez asi, le PFG  agite-t-il son alibi hétéro (il y a chez nous des homos et des hétéros) dans la tourmente, au point de rendre son étiquette farfelue ? A contrario, pourquoi le Créteil Bébél refuse-t-il d’ afficher un qualificatif islamique plus évocateur que « bébel », alors que le match entre les 2 formations est botté en touche au nom du Coran ?

Dans un autre registre, Michel Rocard et sa petite phrase sur l’ immigration : « la France ne peut héberger toute la misère du monde ». Pourquoi une vérité aussi éclatante, partagée par tout individu honnête, ne pourrait-elle pas être formulée par un homme de gauche ? Pourquoi doit-il se défendre à coup de « phrase tronquée, phrase hors contexte… » au risque de donner du grain à moudre à la droite ? pourquoi doit-il prétendre avoir dit aussi « mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part » ? il fallait une suite à sa phrase, plus humaniste, plus généreuse, alors… il a inventé une suite. Le problème de la gauche, c’ est le politiquement correct. La droite décompléxée de Sarko a encore de beaux jours !      

Course vaine

Lundi 5 octobre 2009

Il est des courses sans fin, des courses qui n’ aboutissent pas. La lutte contre le dopage, décalage éternel entre le tricheur et l’ arbitre, le gendarme arrivant souvent après le voleur. C’ est évidemment un autre problème lorsque les organismes de contrôle sont ripoux ou manquent de rigueur (cf  http://www.lequipe.fr/Cyclisme/breves2009/20091005_153523_astana-favorisee.html).

Dans un temps de Pauchon (émission animée par Hervé Pauchon sur France Inter), le fondateur d’ un restaurant collectif et végétarien évoque une autre course. Il constate avec regret que son établissement (le Pochon magique) est le refuge de bobos et souhaiterait y voir plus d’ ouvriers. Pourquoi le « prolétariat » ne mange-t-il jamais végatarien (et bio), et ce malgré des prix raisonnables (10 euros   le repas) ? Selon le restaurateur, la viande a longtemps été l’ apanage de la bourgeoisie et aujourd’hui, pour l’ ouvrier sans gros souci pécunier ou pour le français moyen issu du monde ouvrier (parfois même après plusieurs générations), un repas sans viande n’ est pas digne de ce nom. Tendre vers la classe au dessus, c’ est encore une fois accuser un retard sur l’ « idéal » car paradoxalement pour l’ aspirant-bourgeois, aujourd’ hui manger-viande est un code populaire. Condamné à rester à son rang ?

Les plus « malins » des nouveaux riches court-circuitent  la course sociale standard et certains font, non pas par goût ou conviction, comme les vrais bourgeois : ils vous reçoivent avec peu de viande, parfois avec peu de légumes, bref avec peu car l’ abondance à table est grossière, contraire au raffinement et responsable de l’ obésité visible essentiellement dans les milieux les plus populaires. Ils ne sont pas plus bourges, ils ne sont que plus ridicules derrière leur posture.

Définition de l’ infinitude

Dimanche 4 octobre 2009

Pour agrémenter le trajet en voiture de la ballade du dimanche vers la mer, Tom et Clément rêvent à voix haute de voyages dans l’ espace et Clément veut atteindre le soleil avec sa fusée. Impossible lui rétorque son frère, puisque l’ astre est inaccessible.

« -C’ est l’ infini ?

-c’ est ça, tu ne pourras jamais y aller

-Ah, plus tu avances et plus il recule ? »

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